En Ecosse, de nombreux écossais pratiquent un sport national, non en fait, c’est plus qu’un sport, c’est un défi contre eux-mêmes, c’est un challenge qui les galvanise, les transcende, qui les unit, presque une quête ultime… Et cette quête peu connue hors frontières écossaises, c’est l’ascension des 282 Ben More que compte l’Écosse.
Du coup, moi aussi j’ai voulu tenter l’expérience et j’ai gravi mon premier Munro sur l’île de Mull

Ben More, Munro de l'île de Mull

C’est quoi, un Munro ?

Un Munro, c’est un sommet d’Écosse de plus de 3000 pieds, soit 914 m d’altitude. Et en tout, il y en a 282 dans toute l’Écosse. Le plus haut est le Ben Navis dans les Highlands, altitude : 1344 m d’altitude.

Chaque écossais cherche à épingler un maximum de Munros à son tableau de chasse, en fonction de sa condition physique, de son niveau, de ses appétences pour la difficulté. 282 Munros au total, « de quoi remplir toute une vie » me racontait un écossais qui en totalisait 41 à son actif.

Même si les Munros sont loin de pouvoir rivaliser avec les 3000 m d’altitude de nos pics, cimes et autres sommets des Alpes, la difficulté n’en reste pas moins bien présente. Un Munro n’est pas juste une collinette :

Certains Munros sont situés dans des lieux éloignés et se rendre jusqu’au point de départ est déjà en soi une gageure

  • Les plus mordus de challenge prennent plaisir à corser les choses en optant pour une ascension hivernale, garantissant une ascension dans la neige et sous le vent
  • Le balisage est quasi absent, les cairnes pas toujours présentes ni faciles à repérer
  • Les sentiers sont parfois fantomatiques, laissant place à l’improvisation et au flair du randonneur
  • Les terrains à franchir peuvent être boueux, rocailleux, casse-gueule… et pour certains limite impraticables

À date, 20 000 randonneurs auraient réussi à accrocher à leur tableau de chasse les 282 Munros.

Ben More, Munro

L’ascension du Ben More, ma cerise sur le gâteau !

Le Ben More, unique Munro de l’île de Mull

Pour être franche avec vous, avant d’atterrir sur l’île de Mull en Écosse, je n’avais jamais entendu parler de Munros. Mais lorsque j’ai su toute l’histoire, le challenge national, lorsque j’ai su que le point culminant de l’île de Mull, le Ben More, figurait sur la liste des si désirés Munros, je ne pouvais qu’être tentée…

Le Ben More avec ses 966 m d’altitude, est rarement le premier Munro réalisé par un écossais, c’est même souvent l’un des derniers de la liste, essentiellement parce qu’il nécessite de traverser une partie du pays, de prendre le ferry, de traverser une partie de l’île de Mull où les routes ne permettent guère de dépasser les 50 km/h, avant de pouvoir commencer l’ascension. La réussir, et refaire la route en sens inverse. Autant dire que sur une seule journée, c’est mission impossible !

Ile de Mull, ascension Munro

À moi le Ben More !

Amoureuse de la montagne, je cherchais à deviner le Ben More au milieu du massif montagneux de l’île de Mull. Pas si facile… L’île de Mull n’est pas si plate qu’on ne le pense ! Pour moi, les 2 difficultés principales allaient être de :

  • choisir la meilleure journée possible pour tenter l’ascension. Pas trop envie d’évoluer dans la pluie et la brume ni d’arriver au sommet pour ne rien voir à 3 mètres…
  • trouver le chemin sans carte précise en ma possession. Seules des indications, un peu trop approximatives à mon goût, glanées sur des sites internet et auprès de l’office du tourisme local. Tant pis, l’envie était trop forte, il me fallait tenter l’aventure.

Ben More, la descente

Le départ de la randonnée est facile à trouver :

A partir de Salen il faut prendre la B8035 et longer la rive sud du Loch na Keal. Après 8 miles, il faut repérer la pancarte « Dhiseig » au bord de la route et se garer sur le parking.

Point départ de l'ascension du Ben More

À la pancarte UP, hé bien il faut faire « up » : logique, non ?

Indication ascension du Ben More

Puis, je suis le chemin, pour le moment plutôt bien tracé, qui traverse une étendue d’herbes brûlées. Je sais qu’il faut que je longe la rivière au moins sur toute la première partie de la randonnée.

chemin de l'ascension du Ben More

Avant d’entamer la montée à flanc de montagne, il faut traverser la rivière. La montée est un peu boueuse, le sentier assez lisible dans l’herbe rase : il suffit de repérer les cairnes pour ne pas s’éloigner du chemin.

Cairne, Ben More

Il y a une courte mais très raide ascension jusqu’à l’espèce de « premier sommet », suivie juste derrière, d’une remontée dans la caillasse pour parcourir la crête jusqu’au point le plus haut du Ben More. Ça grimpe, ça grimpe, je dérape un peu, mais je le veux tellement ce sommet que limite je cours comme un chamois !

Ben More : chemin de la crête sommitale

Au sommet, je rejoins au couple d’irlandais, tout aussi fier que moi d’avoir atteint le graal ! On papote un peu : c’est dingue comme ils sont adorables les écossais ! 🙂

Ben More, sommet réussi

On a de la chance, le temps est dégagé même si le vent est glacial ! La vue sur les sommets alentour, sur la mer est énorme ! Je kiffe grave ! Il paraît qu’on peut voir l’Irlande mais là, suis pas suffisamment calée ! Je m’attarde un peu.

Sommet de mon premier Munro

Je suis trop contente : le Ben More n’a beau faire que 966m de haut, comme je suis partie du niveau de la mer, cela fait quand même une bonne rando de 1000 m de dénivelé.

Vue du sommet du Ben More

Allez, faut redescendre, je commence à être congelée ! Objectif, pique-nique au bord de la rivière. Histoire surtout de mettre mes pieds un peu meurtris dans l’eau… glacée… mais putain qu’est-ce que ça fait du bien !

Pause rivière près du Ben More

Retour au parking. Le soleil m’a accompagnée une bonne partie de la journée, l’ascension s’est faite dans de bonnes conditions. Belle journée. Est-ce la loutre observée le matin même qui m’aurait porté chance ?

Loutre, île de Mull

Quelques conseils si vous compter gravir le Ben More

  • Comptez environ 4H30 de marche
  • Prévoyez de bonnes chaussures de rando, oubliez les baskets !
  • Emportez à boire et à manger
  • N’oubliez pas k-way, pull, gants et bonnets car au sommet, le vent cherchera à vous transpercer!

Et vous, aviez-vous déjà entendu parler des Munros ? Seriez-vous tenté par l’ascension de l’un d’entre eux ?

Rivière Ben More

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

10 Réponses

    • Nath

      La liberté, c’est ça que j’aime en montagne, quand tu randonnes, quand tu marches vers les sommets quels qu’ils soient…

      Répondre
  1. Esther

    Encore 6 sommets et tu rejoindras Florent avec ces 7 sommets
    Au moins avec du sport tu gardes ta ligne de mannequin et il n y a pas que les hommes qui montent au sommet !
    Bravo

    Répondre
    • Nath

      Merci mais je suis loin des 7 sommets de Florent ! Mes randos se passent à une altitude bien moins élevée !!!

      Répondre
  2. la pingsheuse

    déjà l’Ecosse c’est un de mes lieux à voir absolument. et là c’est magique cette ascension, sans doute très difficile mais tu l’as fait!! bravo! ça me fait un peu penser à certaines rando à la réunion avec des chemins impraticables, des dénivelés… bon sauf que y’a pas de vent glacial 😉

    Répondre
    • Nath

      Merci 🙂 L’Ecosse est un pays magnifique dont je n’ai vu qu’une petite partie qui m’a donné envie d’y retourner ! La Réunion, je ne connais pas mais on m’a souvent dit que c’était le paradis de la randonnée !

      Répondre
  3. Laurent

    Salut Nath,
    Ça me rappelle le film « l’Anglais qui gravit une colline et descendit une montagne » ton histoire. Tu l’as vu ? Si j’ai bonne mémoire, la limite entre les deux, ce sont ces fameux 3000 pieds.
    Ça me rappelle pas mal mes randos irlandaises ton histoire. Quasi pas de balisage ni de sentier, le brouillard qui tombe en 10 min et là, bah même avec la boussole, c’est pas gagné !! Et de bonnes séances à s’embourber dans les tourbières, y a des tourbières en Écosse ? J’ai même souvenir d’avoir dû une fois sortir un tapis de sol du sac à dos pour m’en échapper !! Dit comme ça, c’est pas très vendeur, mais en fait si !
    Par contre, pas de Munroe en Irlande, et le nombre de sommets au-delà des 3000 pieds doit être moindre. Mais j’en garde d’excellents souvenirs, car c’est là que je me suis vraiment mis à la rando que je ne pratiquais pas du tout avant.
    Je n’ai jamais visité les montagnes d’Écosse par contre. Y en a-t-il avec tout plein de marches ? Si oui, je pourrais « craquer » 😉

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir Laurent,
      Non je ne connais pas ce film, il est bien ?
      Je ne savais pas que tu étais allé en Irlande : moi je trouve ça très vendeur l’aventure que tu évoques ! 🙂 Des tourbières en Ecosse, oui il y en a mais je n’ai pas été piégée. Par contre, non pas de marches pour gravir les montagnes d’Ecosse !
      Moi j’adore la rando, et encore plus depuis que je vis à proximité des Alpes du Sud : l’appel des sommets, des lacs d’altitude… Il n’y a que la montagne pour me vider la tête !

      Répondre
    • Laurent

      Le film est excellent. Très très drôle, j’ai adoré.
      J’ai vécu en Irlande 2 ans 1/2 à la fin du précédant millénaire. C’était mon premier boulot, à Dublin, de très bons souvenirs.

      Répondre

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