Cet article est publié dans le cadre de l’opération “Unis pour un tourisme alternatif”. Orchestrée par Voyageurs du Net et parrainée par Voyageons-Autrement, ABM, Babel Voyages, EchoWay et Viatao, cette opération vise à promouvoir dans la blogosphère le tourisme responsable et alternatif.

 

Tout voyage au Cambodge comporte quasi nécessairement une étape à Angkor, royaume de temples qu s’étend sur 400 km2 et réputé être la 8ème merveille du monde.

Tout le monde rêve d’un lever de soleil sur Angkor Wat, d’un voyage dans le temps à la découverte de la splendeur de l’architecture khmer, de pénétrer au coeur d’un décor mystique où banians et fromagers semblent manger les vestiges d’une époque glorieuse… Le Bayon, la Terrasse des éléphants, le Ta Prohm, le Banteay Srei… autant de noms énigmatiques qui fascinent les amoureux d’Histoire et d’Archéologie…

Terrasse des éléphants Angkor

 

Alors comme tout le monde, j’ai inscrit cette étape dans mon voyage au Cambodge mais contrairement à la majorité, je ne garde pas d’Angkor un souvenir grandiose, sûrement parce que je ne suis pas une passionnée de vieilles pierres, mais pas que…

Temple en ruine d'Angkor

 

Angkor = énorme complexe touristique

Pour accéder au site d’Angkor, il faut franchir la billetterie, une « barre de péage » flambant neuve, tellement moderne qu’on a l’impression d’arriver à Disneyland, ce qui pour moi représente déjà un décalage par rapport à l’aura d’Angkor…

Visages sculptés Angkor

 

Et comme à Disneyland, vous avez le choix entre plusieurs pass :

Pass 1 journée : 20$
Pass 3 jours : 40$
Pass 1 semaine : 60$

Je fais la queue… Même si tous les guides recommandent le pass de 3 jours, j’opte pour le pass d’une journée… J’ai l’impression d’entrer dans un parc d’attractions… et ce n’est pas l’arrivée à Angkor Wat qui va m’ôter cette sensation qui me hérisse… Des cohortes de marchands ambulant prêts à sauter sur les touristes, avec des chapeaux, des parapluies pour se protéger du soleil, des boissons, des snacking en tous genres… Des touristes venus des 4 coins du monde, charriés par centaines, dont la plupart ont pour principal objectif, non pas l’histoire d’un site prestigieux bâti par des rois à l’ego démesuré, mais la photo souvenir en mode « j’y étais » qu’ils balanceront sur Facebook à la planète entière…

Touriste à Angkor

 

À part être sur le site avant le lever du jour, impossible d’espérer prendre des photos des temples dans leur intégralité sans indigène dans l’objectif… Impossible d’apprécier dans le calme ces trésors inscrits au patrimoine Mondial de l’Unesco… Il faut jouer des coudes, slalomer entre les groupes…

60 000 visiteurs en 1999
250 000 visiteurs en 2001
3 millions de visiteurs en 2011…
Les chiffres de la fréquentation d’Angkor donnent le vertige, ne laissant rien augurer de bon pour la préservation du site…

Ta Prohm Angkor

 

Angkor atteinte du syndrôme du tourisme de masse

Des familles grimpant sur les bas-reliefs des temples…
Des touristes gravant leur nom dans la pierre…
Un piétinement massif qui fait trembler de manière imperceptible un site déjà bien fragilisé par les périodes sombres de son histoire…
Un trafic routier croissant qui rejette dans l’air quantité de substances qui grignotent la pierre…

Circulation à Angkor

 

Peu importe aux touristes qui veulent Angkor et encore…
Malheureusement, le tourisme étant une manne intarissable, peu de choses sont mises en place pour limiter la propagation du tourisme de masse et endiguer les méfaits déjà visibles sur le site d’Angkor, gigantesque colosse aux pieds d’argile, dont la souffrance ne saute guère aux yeux aveuglés par le plaisir de la découverte…

Que restera-t-il d’Angkor pour les générations futures si les consciences en faveur d’un tourisme responsable ne s’éveillent pas rapidement ?…

Temple dans la végétation à Angkor

 

Bien sûr, en me baladant avec mon chauffeur-guide de tuk-tuk, j’ai bien conscience que le problème n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît car nous permettons aussi à des familles cambodgiennes d’avoir un revenu pour se nourrir…

L’entrée n’est pas donnée, 20$, ce n’est quand même pas rien… Mais bon, cela ne me dérangerait pas autant de payer une telle somme si elle servait intelligemment à la restauration des temples ou à l’aide au développement des populations locales … Mais on en est loin…

Bas-reliefs à Angkor

 

Angkor, gangrenée par la corruption

Comment Angkor pourrait être le symbole d’un développement soutenable, équitable et durable alors même que la corruption, insidieuse, s’infiltre dans chaque interstice des ruines laissées en pâture aux touristes ?…

Ruines à Angkor

 

En visitant Angkor, j’étais persuadée que le prix du billet d’entrée servait aux énormes travaux nécessaires pour préserver ce joyau mondial. Cruelle déception quand j’ai appris après que la répartition des revenus générés par les entrées des touristes était la suivante :

  • 75% viennent remplir les caisses du gouvernement cambodgien… pour quel usage ?
  • 15% revient à Sokimex, une société pétrolière en charge de la gestion du site, celle-là même qui a fait bâtir la billetterie bling-bling, celle-là aussi qui achète des plages, des hôtels, celle-là dont on dit que l’autorisation pendant 99 ans de surexploiter le site d’Angkor accordée par le gouvernement ne s’est pas faite dans les règles de l’art…
  • 10% seulement restent donc pour les restaurations nécessaires, une somme bien maigrichonne en regard des travaux pharaoniques qu’il faudrait effectuer pour redonner au site un peu de son faste…

Art khmer à Angkor

 

Je suis tout simplement écoeurée de découvrir qu’une fois de plus le tourisme ne profite ni au développement d’un tourisme durable ni vraiment à la population locale alors qu’un tiers de cette population vit encore avec moins d’un dollar par jour… Et pendant ce temps-là, certains se remplissent les poches de millions de dollars…

Vision d'Angkor

 

Quand l’aide internationale fragilise encore Angkor…

Sous prétexte d’aider à la préservation d’un site légendaire, de nombreux pays prennent la tête de missions de rénovation, de reconstruction, de restauration. Mais leur objectif inavoué est davantage de graver leur nom dans le marbre en apportant leur pierre à l’édifice : chacun espère son heure de gloire… Peu importe donc que les restaurations menées aillent à l’encontre de l’art originel khmer, l’essentiel étant que le résultat du travail mené soit spectaculaire…

Restauration d'Angkor

 

Quant aux instances décisionnelles au Cambodge, elles sont bien trop heureuses de voir des pays financer la restauration du site : elles peuvent ainsi continuer tranquillement à détourner les sommes faramineuses provenant de la soif touristique pour la découverte d’Angkor…

Sans compter que de nombreuses ONG sont présentes sur place au Cambodge pour aider les populations défavorisées…

Angkor sous le soleil

 

Alors pourquoi les corrompus haut placés cesseraient-ils leur petit manège de grand détournement de fonds ? Que ce soit en pensant juste faire une action de découverte pour un touriste ou que ce soit en voulant soi-disant protéger un édifice du patrimoine mondial pour un pays, ne contribuons-nous pas tous indirectement à ce que la corruption perdure ?… N’est-on pas dans un cercle vicieux qui tait son nom ?

Angkor Wat

 

Alors que je devrais être pleinement admirative devant les ouvrages remarquables, je reste un peu amère devant ces temples qui essayent tant bien que mal de rester debout en s’appuyant sur des béquilles de métal…
Moi qui ai en général le regard émerveillé d’un enfant, je suis cruellement déçue devant tant de ravages…
Oui, le site a connu dans le passé ses heures de gloire, ses heures d’horreur qu’on imagine sans peine… mais aujourd’hui Angkor doit faire face à des maux des temps modernes d’un autre genre… ce qui m’inquiète c’est qu’ils ont un caractère incurable dès lors que l’argent est au centre des enjeux…

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

40 Réponses

  1. Marine

    Et ben… moi qui l’avait sur ma liste de tout do, ça calme tout de suite!!
    J’avoue qu’un peu comme toi, j’ai un peu de mal avec le Monde de Mickey appliqué à tout et n’importe quoi en France ou ailleurs…

    Merci pour cet article, il est très intéressant!

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    • Nath

      Bonsoir Marine,
      Désolée si j’ai cassé un rêve… En même temps, je pense qu’il est important de souligner les problèmes liés aux incontournables mondialement connus…

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      • Guillaume@Krama

        Tout n’est pas aussi noir que ce qui est présenté dans cet article. Pour vivre au Cambodge (et en Thailande) et pour être allé ces derniers mois 5 ou 6 fois découvrir et redécouvrir les temples d’Angkor, je ne peux que vous conseiller d’aller observer ces merveilles.

        Alors certes pour découvrir vraiment ces temples, il vous faudra sortir des sentiers battus, prendre à gauche quand la horde de touristes japonais prendront à droite, prendre à droite quand ils prendront à gauche. A chaque fois que je reviens ici, j’ai l’impression que les paysages ont changé, que les pierres ont bougé, c’est tellement impressionnant. Il vous faudra aussi déterminer un itinéraire en adéquation avec vos souhaits de trouver le moins de touristes possibles. Par exemple, aller voir le lever du soleil sur Angkor Vat et visiter le temple juste après. La grande majorité des touristes partent prendre leur petit déjeuner, il n’y a personne (ou presque) ! Pareil pendant la période du déjeuner (12h-14h).

        Visiter ces temples en 1 journée est, pardon, absurde (et cela, même si vous n’aime pas « les vieilles pierres ». Ces temple se visitent en minimum 3 jours. Libre à vous, si vous avez le temps, de visiter le lundi et le mardi, de faire une pause le mercredi et de revenir le jeudi. Les visites des temples d’Angkor ne doivent pas être un marathon. Vous êtes ici pour découvrir, observer, contempler et cela ne se fait pas en courant.

        Alors certes vous aurez toujours des touristes qui viendront par bus de 100 (nos amis japonais et chinois par exemple) mais il est très facile de s’isoler pour se reposer et se ressourcer en observant ces temples millénaires. Gravir un temple, trouver un endroit où il n’y a personne, s’asseoir en face de la jungle, entendre les cris des animaux environnants, prendre son temps et prendre du plaisir, n’est-ce pas ça finalement la vie ?

      • Nath

        Bonsoir,
        Merci pour ce commentaire. Bien sûr, vous avez raison, les temples d’Angkor restent, malgré tout, une merveille : mon article était volontairement un peu extrémiste pour faire prendre conscience de la nécessité de préserver ce genre de site pour éviter qu’il ressemble à termes à un parc d’attraction. Pour ce qui est du monde sur place, cela dépend peut-être aussi de la période de l’année ?
        Je sais bien que visiter les temples d’Angkor sur une journée est une hérésie mais j’ai préféré en faire peu mais bien plutôt que de faire une orgie de temples. Et j’avoue j’ai davantage de plaisir à me perdre dans les campagnes typiques et authentiques…

  2. Eric

    Très bon article où on ressent bien ta déception devant la marchandisation du site. J’ai ressenti un peu la même chose en Thaïlande lorsque je suis passé au Wat Phra Kaeo. Ce n’est pas une merveille du monde, mais j’avais été assez déçu aussi par le côté « machine à sous » du site : Le portique d’entrée qui filtrait et redirigeait les gens comme du bétail (Thaï vs non Thaï, etc), l’agitation, les touristes qui se bousculaient pour la photo souvenir devant les statues, etc. La différence ici est que le site ne semblait pas souffrir du manque d’argent et d’entretien/rénovations dignes de ce nom, loin de là, vu qu’on se trouve près du palais royal. J’étais très content de visiter le Wat pho juste après, qui m’a paru plus calme.

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    • Nath

      Malheureusement, la situation que connaît Angkor n’est pas isolée ni propre au Cambodge. Et cela ne m’étonne pas que la Thaïlande soit confrontée à ce genre de problème également car malheureusement c’est devenu une destination ultra-touristique…

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  3. Mike @ Voyageurs du Net

    Merci Nathalie pour cette excellente contribution. Le tourisme est un désastre car sa logique, sa motivation mêmes sont liés au capitalisme, à la cupidité, au pognon du côté des investisseurs, au libéralisme culturel du côté des visiteurs. La mémoire, l’ancrage, on s’en tamponne, la préservation éventuellement on veut bien s’en occuper si ça dérange pas les touristes, ces parasites jetés sur le monde comme une invasion de sauterelles sur les récoltes.
    Un tas d’imbéciles dépourvus d’imagination (ce que le capitalisme aggrave en vendant de l’imaginaire prêt-à-consommer) vont se prendre en photos, les doigt en V, devant des sites dont, au demeurant, ils n’apprendront rien vraiment, mais qui représentent surtout une croix de plus dans une liste de courses mondiale de lieux « obligés » qu’il faut avoir « faits ».
    Et du côté des populations, ce voyeurisme bête et arrogant, cette souveraineté du Pognon et du bon-droit à faire le fouille-merde que croit avoir le touriste con-sot-mateur, ne fait que renforcer la séparation des populations d’avec leur passé. Plus de lien organique avec sa culture et son passé : la mémoire, le passé, n’est qu’une matière inerte à exploiter. D’où la folklorisation, d’où la perte progressive de repères identitaires. A rapprocher de la corrosion de la diversité humaine : une langue, me disait-on hier, mourrait tous les 15 jours…
    Le tourisme, il va bien falloir qu’on se le fasse entrer dans le crâne, n’est pas réformable : il est un problème à part entière. Son idée même c’est le passage rapide dans un lieu ou une série de lieux, donc aucun lien de fraternité entre les peuples. Les « accueillants » voient leur territoire livré à l’assaut des friqués imbéciles comme une femme violée par des barbares débarquant dans le village.
    Merci pour cette contribution, Nathalie. Elle contribuera à illustrer une réflexion à venir, lorsque nous ferons le bilan de l’opération « Unis pour un tourisme alternatif ».
    Cdlmt,

    M.

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    • Nath

      Bonsoir,
      Merci pour ton commentaire… Beaucoup de personnes ayant aimé Angkor, je me demandais si c’est moi qui n’étais pas capable d’apprécier les lieux… mais apparemment je ne suis pas la seule à penser ainsi…
      Votre opération est vraiment une bonne idée pour montrer qu’il existe d’autres formes de tourisme que celle imposée par notre société de consommation.

      Répondre
      • Leang Seng Kim

        Bonsoir Nathalie,

        Je suis Kim français d’origine cambodgienne.
        Je partage tout à fait votre réflexion concernant le tourisme actuel au site d’Angkor. Je suis retourné deux fois après 30 ans d’absence. Je ne serais pas contre le tourisme par contre que l’argent récolté ( disons 90 %) soit dépensé pour restaurer le site et surtout maintenir le site intact malgré les millions de visiteurs qui y passent et non pas pour remplir les poches de certaines personnes… Merci beaucoup pour votre article. Kim.

      • Nath

        Bonjour Kim,
        Merci de votre passage sur mon blog. Je suis d’accord avec vous, le but de mon article était bien de souligner le fait que j’aimerais bien que l’argent payé par les touristes serve vraiment à restaurer le site, ou au moins aident les populations locales à mieux vivre… Ce qui n’est malheureusement pas le cas.
        Néanmoins, le Cambodge reste un pays magnifique avec une population terriblement attachante 🙂

    • Nath

      Bonsoir,
      Merci pour ton commentaire… Beaucoup de personnes ayant aimé Angkor, je me demandais si c’est moi qui n’étais pas capable d’apprécier les lieux… mais apparemment je ne suis pas la seule à penser ainsi…
      Votre opération est vraiment une bonne idée pour montrer qu’il existe d’autres formes de tourisme que celle imposée par notre société de consommation.

      Répondre
  4. Lily

    Bien que j’ai passé de très bons moments à Angkor, car j’ai eu la chance de m’y retrouver seule pendant plusieurs heures (à l’aube et en changeant l’itinéraire « classique » pour échapper au nombre) mais j’ai eu le même ressenti que toi concernant la restauration parfois désastreuse, réalisée au mépris de toute considération historique et minimum de cohérence, et le fait que la cité ait été « vendue » à plusieurs pays étrangers qui l’exploitent à foison. Comment cela évoluera-t-il? Je préfère m’attacher aux belles initiatives de certains qui ont fait des miracles qu’aux autres mais… force est de constater que tout ne va pas dans le bon sens…

    Répondre
    • Nath

      Oui, il est tout à fait possible de parvenir à s’isoler à Angkor, mais cela implique bien souvent de s’éloigner pour gagner des temples moins proches de l’entrée.
      Malheureusement, comme toi, je déplore ce genre d’évolution qui ne va guère dans le bon sens…

      Répondre
  5. Xtinette

    Très intéressant ton article. Néanmois, j’ai adoré Angkor et j’ai sans doute eu beaucoup de chance : très peu de monde le jour où j’y étais et comme on a tout fait en vélo, on a moins été embêtés. Par contre, la corruption au Cambodge, j’en ai été victime, ne serait-ce qu’à la frontière où les flics m’ont demandé de l’argent en me menaçant de ne pas me faire mon visa.

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir,
      C’est vraiment génial s tu as pu visiter Angkor sans prendre un bain de foule ! Oui hélas, la corruption au Cambodge est un énorme problème qui nuit au développement du pays…

      Répondre
  6. Jordane@MonBonPote.com

    C’est super beau, j’ai cru au départ en regardant les photos que c’était en amérique latine, ensuite quand j’ai lu ton article, j’ai rectifié… ca donne envie ! Mais je comprends ce que tu veux dire par rapport au fait que ca devient plus un lieu touristique qu’un monument, et qu’ils laissent un peu trop paraître leur goût pour l’argent. Je fuis ce genre de lieu, c’est pour cette raison que je préfère aller là où les touristes ne vont pas, et découvrir les petits endroits inconnus du tourisme…
    Chouette article 🙂

    Au plaisir
    Jordane

    Répondre
  7. Sophie@UnAllerSimple

    Ouah, ça fait plaisir de lire un tel article. On aurait aimer le lire avant d’y aller. Pas pour ne pas y aller mais pour comprendre davantage ce qui se passait même si au cours de notre visite on a eu quelques pistes de reflexions proches des tiennes.

    On y a été au lever du soleil, et c’était absolument terrifiant : une masse de flash et de touristes. Ca gâche vraiment la magie que peut renvoyer le site.

    On a aussi vu des rénovations qui n’avaient rien à voir avec le reste du décors. Et puis biensur le prix était hallucinant. Bref, on est heureux de l’avoir vu de nos propres yeux mais on se demande comment cela va évoluer et ne peut s’empêcher d’avoir un peu peur pour cette merveille du monde.

    Répondre
    • Nath

      Merci ! 🙂
      Ah moi aussi j’aurais aimé savoir tout cela avant d’y aller. Mais en faire l’expérience permet aussi d’avoir après un recul, une réflexion et à apprécier les sites où un réel effort de préservation est fait.

      Répondre
  8. Voyageur Attitude

    Quelle claque cet article ! Cela dit, cette situation de corruption et de mauvaise utilisation des biens ne sont pas vraiment une surprise. Et j’imagine que c’est ainsi dans bcp de pays.

    La seule action que l’on puisse faire, à notre niveau, est de le dénoncer via les blogs de voyage. Mais cela dit, la decouverte de ce site reste un de mes objectifs…

    Répondre
    • Nath

      Dénoncer la corruption était le but de cet article, et cela même si Angkor est quand même quelque chose d’énorme ! 🙂
      Hélas la corruption gangrène de nombreux pays… et pendant ce temps-là les habitants peinent à gagner de quoi se nourrir…

      Répondre
  9. Lili

    Wow ! Je n’avais aucune de tout cela. Comme dit Voyageur attitude, c’est une claque. Et en même temps, ça fait tellement mal au cœur. Comment peut-on laisser un trésor comme Angkor dans cet état et laisser les touristes dégrader le site…
    Pour la corruption, après réflexion, je me dis que ce n’est probablement pas le seul site du monde concerné. Et c’est tellement dommage…
    Cela me fait penser aux sites grecs qui ont été retiré de la liste des lieux inscrit au patrimoine mondial, de l’UNESCO… faute de restauration et d’entretien…

    Répondre
    • Nath

      Hélas, j’ai bien peur que toute une série d’endroits soient soumis au « même traitement  » qu’Angkor… Si j’écris ce genre d’articles, c’est pour que les consciences s’éveillent car j’aimerais que les générations futures ne soient pas condamnées à découvrir les merveilles de notre monde d’aujourd’hui dans un livre d’images…

      Répondre
  10. Brigitte

    Bonjour
    Nous sommes allés à Angkor en septembre dernier à la saison des pluies et nous y étions presque seuls et très tranquilles.
    Nous n’avons pas été agressé par les enfants mais au contraire charmés par le le sourire des cambodgiens.Je vous souhaite de pouvoir y retourner dans de meilleures conditions car c’est un endroit magique et les ciels incroyables et tourmentés de la mousson ajoutent au charme des lieux. J’ai tellement aimé que j y retourne en février prochain. J espère que je ne serai pas déçue par le monde. ….mais le site edt très vaste si bien que l on devrait pouvoir visiter des temples à l écart dédaignés par les foules….Bon voyage à vous

    Répondre
    • Nath

      Bonjour Brigitte,

      C’est vraiment génial que tu aies pu être presque seule à Angkor : du coup ça a dû être bien plus magique que lorsque j’y suis allée ! Et moi aussi j’avais été charmée par le sourire des cambodgiens !
      Bonne journée et merci de ton passage sur mon blog 🙂

      Répondre
  11. Amandine@Unsacsurledos

    Salut Nath,

    je vois que tu as aussi eu pas mal de réactions « vives » à ton article 😉
    Une fois que l’on ne raconte plus que du bon/beau/tout rose, beaucoup n’apprécient pas !
    Lorsque j’ai écrit Pourquoi je n’ai pas aimé Angkor : http://www.unsacsurledos.com/nai-pas-aime-angkor/
    je voulais « réajuster » la vision générale, pour éviter d’autres désillusions et déceptions comme celles que j’ai vécues.
    Bien sûr, ce n’est pas tout noir, j’ai apprécié découvrir les temples angkoriens et préangkoriens,
    surtout pour les temples éloignés et donc peu fréquentés par les touristes.

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir Amandine,
      Depuis que je voyage j’ai souvent été déçue par ces lieux soit disant incontournables… devenues des lieux de consommation touristique… ou des enjeux financiers… En tant que blogueuse, je trouve qu’il est essentiel de contribuer à éveiller les consciences collectives sur certaines méfaits, certaines fausses idées… Pas question de faire croire qu’un lieu est idyllique s’il ne l’est pas…

      Répondre
  12. Koppo

    Salut,
    Pour vivre au Cambodge, je dois admettre que les problemes sont nombreux ici, et certains recurrents, la corruption et l’exploitation des richesses du pays a des fins personnelles par l’elite dirigeante etant certainement le plus ecoeurant. Pour ce qui est d’Angkor en particulier, je pense que, et meme si je n’ai pas ‘refait’ les temples depuis plusieurs annees, il faut effectivement ne pas hesiter a prendre un pass de plusieurs jours et adapter ses visites selon le monde qu’on trouve sur chaque temple en prenant le temps. Une simple vue du parking devant un temple nous indique si on doit continuer jusqu’au prochain et revenir plus tard, ou s’il on va pouvoir en profiter (il y en a tout de meme plusieurs centaines, pas tous aussi impressionants certes, mais ca laisse le choix). Aussi, ne pas hesiter a visiter les temples plus lointain comme Bang Melea, Koh Ker… qui sont tres tres calmes.
    Bon voyage!

    Répondre
    • Nath

      Bonjour,
      Merci de votre témoignage. Pour Angkor, je pense qu’effectivement il faut savoir jouer avec les horaires, et surtout visiter des temples plus éloignés pour retrouver le calme propice à la découverte de ce site.

      Répondre
  13. Christophe

    Cet article est d’une belle démagogie.

    Je comprends parfaitement que vous soyez agacée par les hordes de touristes incapables de respecter les sites. J’ai été le 1er à le faire quand j’y suis passé. Mais malgré les cars de touristes, il faut être sacrément blasé pour être décu d’Angkor (même si je respecte cet avis). Vous avez dû voir de sacrées merveilles au cours de vos voyages pour rester de marbre. Sinon c’est juste un peu triste pour vous.

    Il faut par contre arrêter ce procès contre l’exploitation du site « à la Disney ». Ce serait bien le 1er site au Monde où on ne fait pas payer les touristes. Le Cambodge a suffisamment besoin d’aide(s) pour ne pas en plus se sentir obligé de faire acte charité. Et Siem Reap et sa province ne seraient rien sans le tourisme des temples.

    En parlant d’aides, je trouve ça extrêmement gonflé de critiquer les politiques de restauration. Alors ok, il y a des risibles querelles de clocher quand il s’agit de revendiquer telle ou telle contribution. Mais personnellement, je me fous de savoir si c’est un fonds thaïlandais qui a contribué à la construction du musée ou si c’est une entreprise européenne qui a rénové une aile d’un temple. L’important, c’est que je vois le truc debout. Et il ne faut pas exagérer, dans la majeure partie des cas, la rénovation ne va pas à l’encontre de la construction originelle ou de l’art khmer.
    Le jour où les rénovations s’arrêtent, ce sera vraiment le début de la fin.

    Reste la corruption. Vous auriez dû citer ses sources, parce qu’avancer des chiffres comme ça n’est guère convaincant… Mais je me doute bien que sur le fonds, vous avez raison. Reste qu’à défaut de posséder une vraie alternative, je préfère voir seulement 10% des revenus être accordés aux sites que rien du tout. C’est malheureux de devoir se contenter de ça, mais faute de grives, on mange des merles comme on dit…

    Ca n’empêche pas de remettre en question la gestion des sites, bien entendu. Mais je trouve juste ca un peu hypocrite de pousser des grands cris d’orfraie anti-tourisme quand soi-même on va à Phuket ou faire des safaris au Kenya…

    Répondre
    • Nath

      Bonjour Christophe,
      Croyez bien que je n’ai rien contre le fait de payer un droit d’entrée sur un site touristique si celui-ci sert vraiment à entretenir le site, ce qui n’est pas forcément le cas à Angkor. Oui j’ai été déçue par Angkor mais cet avis n’engage que moi : j’ai été choquée du comportement des touristes sur le site et j’assume le fait de ne pas avoir appréciée pleinement ce site grandiose.
      Les politiques de restauration du site ne vont pas toutes dans le bon sens : moi aussi je me fous de savoir quel pays aide à maintenir le site debout, par contre, je préfère que l’architecture d’origine soit respectée car c’est l’histoire du Cambodge…
      Quant à la corruption, ces chiffres m’ont été donné par des locaux avec lesquels j’ai discuté longuement. Je peux entendre que vous ne soyez pas convaincus.
      J’assume aussi le fait d’aller faire des safaris en Afrique et d’être allée à Phuket : même si j’ai bien conscience d’avoir un impact écologique par le simple fait de voyager, j’essaie toujours de la faire en respectant les populations locales.
      Pour en revenir à Angkor, sur mon voyage au Cambodge, au risque de vous choquer, j’ai préféré aller me perdre dans les campagnes, plonger dans un Cambodge authentique, plutôt que de me retrouver au milieu d’un essaim de touristes dont la plupart n’étaient que peu intéressés par le site.

      Répondre
  14. Lio

    Bonjour tout le monde, je reviens d’Angkor il y a deux jours ! C’est vrai que l’afflux massif de touriste est regretable surtout les touristes chinois et russes qui crachent, fument et crient dans les temples mais hélas on ne peut pas leur apprendre le respect. Pour être tranquille il faut modifier les parcours originaux ( small and big tour ). Aidez moi a m’oter d’un sérieux doute, y aurait il un trafic de pierre a Angkor actuellement ? Car les temples sont démantelés pour être renové et j’ai l’impression que les pierres originelles sont remplacés par des copies. Personne n’a remarqué ca ?

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir Lionel,
      Merci de votre témoignage sur mon blog, même si je déplore qu’apparemment les comportements irrespectueux ne s’arrangent guère… Un trafic de pierres ??? Comment ça ??? Non je n’en ai pas entendu parler, pouvez-vous m’en dire plus ?

      Répondre
  15. Leang Seng Kim

    Bonjour à Tous,

    Parmi tout cela, il y a quelque chose de magique quand même. La prochaine fois que vous vous rendrez à Angkor Wat, dirigez-vous vers la terrasse qui entoure la tour centrale et regardez vers le ciel (normalement bleu)et les cinq tours à votre droite.
    Vous verrez alors les nuages blanches se défiler de la gauche vers la droite (si je peux m’exprimer ainsi)et vous aurez alors l’impression que le temple ainsi que vous-même flottent dans l’air (ou dans le ciel) comme si vous êtes dans un vaisseau spatial avec un très grand hublot. C’est magique. Essayez et tenez moi au courant des vos impressions. Bon voyage et bonne visite. Kim.

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir,
      Oh dommage que je n’ai pas su cela avant, cela aurait peut-être modifié un peu ma vision d’Angkor car la description que vous faites est magique ! 🙂 J’espère que cela servira à d’autres voyageurs ! 🙂
      Merci à vous. Très belle soirée

      Répondre
  16. Lio

    Les sites restent incroyables, je ne vais pas me laisser gâcher mon plaisir personnel par les gens qui ne respectent pas les sites. Le tout est de réussir a s’isoler mais mentalement 😉
    Pour le trafic de pierres, c’est plus une question qu’une affirmation. Pas sur Angkor Wat mais sur d’autres sites, j’ai l’impression qu’ils remplacent les pierres originelles par des nouvelles pierres qui imitent l’original. Un peu a la manière des grottes de Lascaux et l’ouverture de la deuxième grotte pour protéger les peintures. Dans le cas d’Angkor je me pose vraiment la question car sur des parties de certains temples les motifs ont l’air d’être récents et la pierre a l’air neuve ! Et lorsque j’ai arrêté un guide simplement pour lui poser la question il m’a répondu pendant une longue minute non non non d’un air c’est complètement impossible ca date de 3200 ans. Apres ca je me suis arrêté pour regarder les ouvriers rénovés la pierre au bout de 5mn on me demandait de partir. Ce que j’ai remarqué c’est que les ouvriers n’ont pas l’air d’être des orfèvres qui travaillent avec soin mais plus des bouchers qui s’éclatent au burin…
    Si quelqu’un y passe prochainement peut-il me dire si je me fais des films ou si il a le même sentiment et soupçon que moi.
    Merci d’avance

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    • Nath

      Aaaargh, j’espère que ce n’est qu’un impression et qu’il n’y a pas de trafic de ce genre. Moi aussi je suis preneuse de toute info sur le sujet.
      Encore merci de votre témoignage.

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  17. yannick

    Passage en 2001, pas ce problème regrettable du tourisme de masse. La solution, comme en Afrique du sud ouest. Limiter en augmentant les coûts…?

    Je ne suis pas pierre en général. Mais là j’étais sous le charme…

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    • Nath

      Limiter en augmentant les coûts ? Vaste débat ! Je n’ai pas la réponse mais je déteste le tourisme de masse, surtout quand je me fais prendre au piège et que je deviens moi-même mouton du troupeau…
      Vous êtes resté plusieurs jours à Angkor ?

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  18. anacrouse

    Bonjour,

    Je ne vous trouve pas très objective même si je comprends (un peu) votre sentiment.
    en écrivant sur la répartition des recettes: « 75% viennent remplir les caisses du gouvernement cambodgien… pour quel usage ? »
    En général les ressources d’un pays sont sont activité ecomique avec ses exportations et ses rentrées fiscales constituées par les impots payés par les habitants et les taxes et perceptions diverses payées par les touristes.
    Vous avez lors de votre périple, roulé sur des routes goudronnées, vu quelques écoles et dispensaires, certainement vu une université, visité j’espère pour vous des musés publics pratiquement gratuits…Certes, le goudron est parfois manquant, l’école est bien souvent, mais pas toujours, soumise à contribution des parents, les musées publics sont poussiéreux. Avez vous songé à l’état de ce pays voici seulement 40 ans? C’était le moyen age avec une population décimée…

    Je me demande si vous vous questionnez sur ce que fait notre propre gouvernement avec nos impots et dans ce cadre, comment comprenez vous qu’on paye pour entrer dans les musées et que certains édifices patrimoniaux (chateaux..) soient en ruine?

    Quant aux essaims de touristes, oui, c’est la conséquence de la démocratisation du voyage. Ah, comme je regrette le Concorde et le France!

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    • Nath

      Oh que oui, je me demande ce que fait notre propre gouvernement avec nos impôts… Quoique j’ai une petite idée sur la question 🙁 …
      Ce que je voulais exprimer à travers cet article était que je regrettais que l’argent amené par les visiteurs ne soit pas davantage utilisé pour le site…

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