Cet article participe au rendez-vous mensuel « En France aussi… »  de Voyage féminin, Le coin des voyageurs et La Terre sur son 31.

4ème rendez-vous pour « En France aussi… », un événement créé pour valoriser et défendre le patrimoine français et auquel je vous invite à participer avec nous, chaque mois.
Ce mois-ci, pour le thème « Et au milieu coule une rivière… », j’ai décidé de vous parler de la Loire, le plus sauvage des fleuves français.

Loire au mois de novembre

La Loire : un patrimoine de 1000 km à travers la France !

D’aussi loin que je me souvienne – c’est-à-dire depuis le temps où je m’appliquais à dessiner des cartes de France en cours de géographie à l’école primaire -, j’ai toujours été impressionnée par la Loire :

  • Un patrimoine culturel royal avec ses châteaux : Chambord, Chenonceau, Azay-le-Rideau…
  • Des vins de renom : Pouilly fumé, Sancerre blanc
  • Un terroir gourmand, crottin de Chavignol en tête
  • Une nature encore sauvage avec des îles au milieu de son lit qui restent le royaume des oiseaux migrateurs
  • Un visage différent selon les saisons : parfois quasi à sec l’été, parfois prêt à avaler la route toute proche…
  • Sa longueur qui fait d’elle un fleuve majeur irriguant de nombreux départements

Mais si la Loire trouve un tel écho en moi, ce n’est pas vraiment pour toutes ces raisons factuelles mais pour des raisons bien plus personnelles…

Vignoble de la Loire en automne

La Loire, et au milieu coulent mes souvenirs d’enfance…

Je vais vous parler d’un village rural peu connu (à part peut-être des amateurs de bon vin) : Pouilly-sur-Loire, un village particulier situé à mi-chemin entre la source de la Loire et son embouchure.
Un village que je n’aurais jamais connu si mes grands-parents n’y avaient pas eu une maison située sur les quais de la Loire, maison ayant appartenu autrefois aux parents de ma grand-mère, maison aux murs épais abritant de vieux trésors du temps jadis : horloge comtoise, casseroles en cuivre, secrétaire avec un tiroir secret, lampe tempête…

Pouilly-sur-Loire

Pouilly-sur-Loire fait résonner en moi des souvenirs d’enfant extraordinaires… C’est là que :

  • Mon grand-père, « la crème des pépés », m’a initiée, alors que j’étais haute comme 3 pommes aux joies de la pêche. Combien d’étés nous a-t-il emmenés à la pêche, mon petit frère et moi… J’étais si fière de rentrer le soir avec une bourriche pleine de poissons-chats, de goujons, d’ablettes et de perches arc-en-ciel…
  • Je déjeunais de vraies bonnes brioches artisanales que mon Pépé était allé chercher à la boulangerie du village alors que la maison dormait encore. Regardant la Loire sortir de sa torpeur en chassant la petite brume matinale… Alors insouciante du temps qui passe…
  • J’aimais regarder les hirondelles se poser par dizaine sur le fil électrique devant la maison.
  • Je partais « à la maraude » avec un grand sac plastique pour cueillir des mirabelles et des reines-claudes dans un verger encerclé de ronces égratignant mes jambes.
  • J’assistais à la fête du vin tous les 15 août sur les quais devant la maison, l’occasion pour les artisans de faire une démonstration de leur savoir-faire : cuisson de pain au feu de bois, dégustation des crus de l’année…
  • Je regardais avec les jumelles les oiseaux sauvages se poser sur l’île au milieu de la Loire, écoutant mon Pépé me donner leur nom
  • Je me suis découvert une passion gourmande pour les crottins de Chavignol, faisant profil bas quand mon Pépé râlait parce que je ne jugeais pas utile d’enlever la croûte de ce fromage terrible pour mes papilles de môme !
  • J’étais fière d’entendre villageois et viticulteurs saluer mon Pépé qui était un personnage connu dans tout Pouilly-sur-Loire. Je sentais qu’il était aimé mon Pépé !

Souvenirs des bords de Loire

Aujourd’hui, mon Pépé s’en est allé… J’ai peur qu’un jour son visage ne s’efface, que ces moments s’envolent… d’autant que je n’ai pas de photos de tous ces instants chers à mon cœur…mais je sais qu’il me suffit de regarder la Loire pour faire revivre tous ces souvenirs merveilleux comme si c’était hier…

Loire, Pouilly-sur-Loire

La Loire, dernières réminiscences du bon temps d’antan

Bien sûr, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, un temps où la fameuse Nationale 7 passait au centre du village de Pouilly-sur-Loire, créant une animation joyeuse, amenant des touristes, des voyageurs de passage, de la vie !

Vue sur l'église de Pouilly-sur-Loire

Aujourd’hui, ce temps n’est plus, une nouvelle Nationale 7, bien plane, à 4 voies, a été créée pour contourner le village, tuant le dynamisme, l’âme et le charme de Pouilly-sur-Loire… faisant mourir ses traditions à petit feu… faisant avorter ses espoirs de modernisme…
C’est à peine si les amateurs de bon vin prennent encore le temps de sortir de cette fichue Nationale 7 aux allures d’autoroute, se contentant d’une virée au supermarché plutôt que de visiter les caves de viticulteurs passionnés…

Lit de la Loire

Seule la Loire demeure, sauvage et indomptée… mais pour combien de temps ?
Notre France est belle… J’aimerais tant que nos enfants et petits-enfants aient la chance de connaître ce patrimoine extraordinaire autrement que dans un livre d’images…

Toutes les participations qui ont fait couler de l’eau dans la rivière :

Vous avez envie de participer à l’épisode 5 de « En France aussi… » ?
Le prochain thème est « À la claire fontaine… » À vous de jouer ! On attend vos publications le 1er décembre !

Rappel : Comment fonctionne notre rendez-vous ?

  • On écrira chacune un article sur nos blogs le 1er du mois
  • Vous écrirez cette petite phrase en début ou en fin de votre post pour qu’on sache que vous participez à notre rendez-vous : « Cet article participe au rendez-vous mensuel « En France aussi » de Voyage féminin, La Terre sur son 31 et Le coin des voyageurs » (sans oublier d’activer les liens vers nos blogs !)
  • Vous nous ferez savoir en commentant chez nous que votre article est en ligne.
  •  Sur nos trois blogs, nous mettrons un lien vers votre article et nous ferons la promotion de toutes nos découvertes sur les réseaux sociaux.

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

20 Réponses

  1. Christophe@LesVadrouilleurs

    Un article qui nous ferait presque monter la larme à l’œil tant on y sent la nostalgie de l’enfance et du temps passé, cela nous ramène ainsi à nos propres bons et lointains souvenirs avec nos grands parents .

    Et je te comprend pour la Nationale 7 car c’est vrai que tout le monde veut de la rapidité de déplacement et ne prend pas le temps de découvrir les coins charmants de France lorsqu’ils la traversent. Ici en l’occurrence avec un beau petit village entouré de vignobles (je ne le connais pas mais le coin me parait sympa à voir) …

    Moi j’aime faire la route en 2 jours en prenant les nationales, voir du paysage et faire une halte pour une nuit mais c’est vrai que c’est plus facile à faire quand il n’y a pas d’enfants à l’arrière qui piaffent d’impatience 😉

    J’ai participé aussi à l’événement mais avec un bon souvenir d’un autre genre : http://www.lesvadrouilleurs.net/entre-2-sejours/promenade-en-barque-sur-la-lauch-la-petite-venise-colmar/ 🙂

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    • Nath

      Oui j’avoue, au départ en pensant à écrire un article sur la Loire, je n’avais pas pensé à parler de mes souvenirs mais en commençant à écrire j’ai de bons moments qui se sont rappelés à ma mémoire…

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  2. Sylvie

    La Loire m’évoquait les magnifiques châteaux de la Loire. J’aime particulièrement ton billet si personnel et sincère, et ce joli village que je ne connais pas. J’y penserai la prochaine fois que je savourerai un Pouilly-fumé car j’adore les vins de Loire ! Bon week-end !

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    • Nath

      Merci Sylvie ! 🙂 C’est normal que tu ne connaisses pas Pouilly-sur-Loire : ce n’est pas très connu, et encore moins depuis que cette fameuse nationale 7 contourne le village…

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    • Nath

      Oui c’est drôle, j’ai vu que nous avions eu des pensées communes : nos grand-pères et la Loire !
      Merci à toi 🙂

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  3. Petitgris

    J’aime beaucoup ton article car j’ai un petit faible pour les rivières  » enfants terribles  » mais aussi pour la sensibilité des souvenirs que tu évoques ! 🙂 Belle semaine

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  4. Lucie

    J’ai aussi grandit pas tres loin de la Loire, et nous aussi on s’est pris une belle route nationale il y a quelques annees: tous les commerces ferment un par un, le village devient une ville dortoir…c’est triste quand on y pense. C’est pareil pour tous les villages et commnunes qui se situent le long de cette nationale. Le pire, c’est qu’elle nous fait meme pas gagner de temps sur la route :/

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  5. Fredric@credit sans justificatif

    Vraiment merci pour cette magnifique publication. C’était vraiment un plaisir de vous lire.
    Je viens de le partager avec un ami qui cherchait depuis longtemps des informations à ce propos.

    Et encore merci et je vous souhaite plein de
    succès

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