64 000 hectares des terres malgaches consacrés à la reine des épices… 80 000 planteurs, 6 000 préparateurs, 33 exportateurs… Une pollinisation à la main fleur par fleur… 8 mois de soins intensifs entre la cueillette et l’obtention de belles gousses de vanille parfumées…
La culture de la vanille nécessite un travail dont nous ne soupçonnons pas l’ampleur quand nous avons entre nos mains les précieuses gousses de vanille…

Vanille

 

L’idée d’un reportage sur la vanille

Lors de mon second voyage à Madagascar, après quelques jours passés à l’orphelinat de Fianarantsoa dans les Hautes Terres, j’ai mis le cap sur Sambava, coeur du triangle vert de la vanille, au Nord-Est de Madagascar.

Mon objectif était de pouvoir réaliser un reportage sur les différentes étapes de la culture de la vanille :

  • la plantation
  • l’échaudage
  • l’étuvage
  • le séchage au soleil
  • le séchage à l’ombre
  • le conditionnement

 

            Une rencontre déterminante pour pénétrer dans des endroits « top secret »

 

Nathalie et Monsieur RafidissonÀ Sambava, j’ai rencontré un certain Monsieur Rafidisson, occupant un poste important dans la filière de la vanille : c’est grâce à lui que j’ai pu accéder à des lieux bien gardés et avoir l’autorisation de photographier toutes les étapes de la culture de la vanille.

Pour nous qui ne connaissons généralement de la vanille que son utilisation dans les desserts et en parfumerie, nous ne pouvons mesurer tous les tenants et aboutissants du marché très convoité de la vanille.

Il faut savoir qu’à Sambava, un très grand nombre d’habitants travaillent dans la culture de la vanille étant donné l’important besoin en main d’oeuvre plus ou moins qualifiée pour réaliser les différentes interventions nécessaires à la transformation de la vanille.

Si Madagascar détenait auparavant l’hégémonie de la culture de la vanille, aujourd’hui, Madagascar subit de plein fouet :

  • la concurrence de certains pays qui usurpent l’identité qualitative «vanille de bourbon» et produisent des gousses de vanille de piètre qualité.
  •  la concurrence de la vanille de synthèse, moins coûteuse à produire.

 

En route pour la plantation de vanille            En route pour la plantation !

Monsieur Rafidisson m’a emmenée visiter sa propre plantation de vanille.

Je m’attendais à découvrir un champ clôturé facilement repérable… comme je me trompais !

Accompagnés du gardien de la plantation, nous avons dû marcher pendant un bon moment à travers un terrain boisé, accidenté et boueux et sans aucune indication ! Autant dire que seule, je n’aurais jamais pu trouver !

 

La vanille, une orchidée exigeante !

Plusieurs conditions doivent êtres réunies pour que le vanillier, plante tropicale appartenant à la famille des orchidées, ait une belle croissance :

Tuteurs vivants pour la vanille

  • un climat chaud et humide
  • une température la plus constante possible, sans coup de froid ou ni chaleur extrême
  • un léger sous-bois si possible
  • un sol bien drainant car malgré des besoins abondants en eau, le vanillier n’apprécie guère l’excès d’eau ; ainsi, en choisissant un terrain en pente, on favorise le ruissellement de l’eau et on améliore les «conditions de vie» de la plante avec une bonne exposition.
  • un tuteur vivant qui offre à la fois une légère ombre indispensable et de la matière organique.

Les lianes de vanille sont sujettes à des maladies dues aux insectes : dans ce cas, il faut enlever le pied pour éviter la contamination des autres pieds.

 

            Le travail sur la plantation

Il s’agit d’une plantation entièrement artisanale sans aucune utilisation de produits chimiques, respectueuse non seulement de la fabrication traditionnelle de la vanille mais aussi de l’Homme et de l’environnement. 6 personnes travaillent en permanence sur la plantation qui comprend 12 000 pieds de vanille sur 4 hectares.

Plantation de vanille

 

Gardien de la plantationMême hors période de floraison et de cueillette, la plantation requiert plusieurs heures de travail par jour. Il faut :

  • surveiller la floraison,
  • tailler régulièrement les tuteurs,
  • tailler les lianes de vanille pour éviter toute surcharge nuisible à la qualité des gousses futures,
  • défricher les pieds au mois d’août pour qu’ils soient au soleil…

 

Qui plus est, la vanille étant le fruit de multiples convoitises, le personnel doit aussi veiller la nuit sur la plantation qui, en l’absence de clôtures, est quasiment en accès libre…

 

 

            Une fécondation entièrement artisanale !

Pour la vanille, rien n’est le fruit du hasard, rien ne se produit comme par enchantement… En effet, contrairement à la plupart des fleurs pour lesquelles les insectes se chargent de la pollinisation, la vanille nécessite une fécondation manuelle avec une aiguille ou une épine.
Pour cette «opération délicate», les femmes ont davantage de dextérité que les hommes. Imaginez un peu sur une plantation de 12 000 pieds, le travail que cela peut représenter !
Ensuite, il ne reste plus qu’à attendre la naissance des fameuses gousses vertes.

Inflorescence

 

            La cueillette de la vanille

Il faut compter environ 2 mois pour que les gousses de vanille atteignent leur taille adulte, auxquels il faut ajouter encore 7 mois pour qu’elles soient à maturité. Encore une fois, pour garder une qualité de vanille la meilleure possible, on gardera au maximum 10 gousses par inflorescence.

La cueillette, elle aussi, est artisanale ! Là encore, la période de la cueillette requiert une grande vigilance dans la mesure où il ne faut cueillir les gousses ni trop tôt (immatures, elles ne développeront pas tous leurs arômes par la suite)  ni trop tard (si elles sont fendues, elles iront tout droite dans la catégorie de la qualité moindre).

Je n’ai malheureusement pas pu assister à la cueillette ni voir les gousses vertes car ce n’était pas la période.

Pieds-de-vanille

Plants de vanillearaignées sur lianes de vanilleFeuilles de vanilleCoupe des lianes de vanilleTaille de la vanille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le saviez-vous ?

  • 1 pied de vanille donne entre 3 et 10 kg de gousses vertes
  • Il faut entre 3 et 5 kg de vanille verte pour obtenir 1 kg de gousses noires
  • 1 kg de vanille comprend environ 150 gousses (selon la qualité des gousses)
  • Près d’1 an et demi est nécessaire entre la naissance de la gousse verte et la gousse noire prête à être consommée !

Cette première visite a été des plus enrichissantes : non seulement les chiffres de la vanille donnent le vertige mais en plus je ne soupçonnais pas le travail de titan qu’impliquait l’obtention de la reine des épices !

Et je ne suis pas au bout de mes surprises…
Pour tout savoir sur l’étape de l’échaudage et de l’étuvage de la vanille, suivez-moi !

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

9 Réponses

  1. Sarah

    Bonjour Nath’,
    Je fais un exposé sur la vanille de Madagascar et vos articles sur celle-ci me touchent particulièrement. Votre façon d’écrire est douce et subtile mais ne cachant rien et allant à l’essentiel.
    Votre blog est magnifique.
    Bonne continuation

    Répondre
    • Nath

      Bonjour Sarah,
      Merci infiniment pour votre commentaire vis-à-vis de mon blog 🙂 Je suis peut-être curieuse mais dans quel cadre faites-vous un exposé sur la vanille de Madagascar ?
      Je ne sais pas si vous connaissez mais c’est un pays magnifique !

      Répondre
      • Sarah

        Pour tout vous dire, j’ai fait un exposé écrit sur Madagascar. Alors pour l’oral, j’ai choisi de parler plus particulièrement de la vanille de Madagascar. J’ai découvert énormément de choses sur la vanille, notamment que Madagascar est le premier producteur mondial de cette épice. Pour le contexte, je fais mon exposé à l’école. Et je passe l’oral le mercredi 25 février, sous peu !
        Cela me fait chaud au cœur que vous ayiez répondu à mon message. Merci !

      • Nath

        Madagascar est une île merveilleuse, où je vous souhaite d’aller un jour. J’aurais bien aimé être une petite souris pour écouter votre exposé sur cette île que j’aime. A défaut je vous souhaite d’en parler avec passion après-demain ! Et comme on dit : M…. 😉

  2. Sarah

    Oui, j’aimerais y aller ! Je vous remercie pour votre dernier commentaire que je prend comme un encouragement. Je ne sais pas si il était terminé mais si ce n’est pas le cas, je soupçonne que vous vouliez dire « Mora-Mora ».

    Répondre
    • Nath

      Encore Mora-Mora 😉 pour votre exposé et n’hésitez pas à me dire si ça s’est bien passé. Simple curiosité : avez-vous utilisé des infos de mon blog ?

      Répondre
      • Sarah

        Mon exposé s’est très bien passé, merci. Je n’ai pas utilisé des informations de votre blog telles quelles car j’ai lu de nombreux livres sur Madagascar, donc j’ai pu « mixer » les infos. Mais les livres que j’ai pu lire sont anciens et bien souvent compliqués, vos articles m’ont donc réellement clarifiés le tout, ils m’ont ouverts les yeux. L’idée que je m’était faite en préparant cet exposé était de d’amasser, de prendre le maximum d’informations dans les livres et sur internet et de me faire ma propre idée avec, donc de ne pas prendre les infos telles quelles.
        PS : Désolé d’avoir répondu aussi tard. : )

      • Nath

        Super j’en suis ravie pour vous !
        Aucun souci, si mon blog a pu vous aider, avec plaisir !

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