Comment j’ai atterri à Saint-Augustin ? Mon premier voyage à Madagascar, c’était en 2008. J’ai passé 3 semaines à Saint-Augustin, un petit village de brousse à une trentaine de kilomètres de Tuléar, au Sud-Ouest de Madagascar…
J’ai atterri dans ce petit village, un peu par hasard, parce que cette année-là, pour la première fois, j’avais décidé de partir en mission à vocation solidaire avec Planète Urgence, et c’est à Saint-Augustin que j’ai animé un centre de lecture pour enfants… Mais j’aurai l’occasion de vous reparler de cette mission dans quelque temps… Non, non, je ne dis absolument pas ça pour vous inciter à revenir faire un petit tour sur La Terre sur son 31 de temps en temps ! 😉

Où dormir à Saint-Augustin ?

L'entrée du Longo MamySi, en préparant votre futur voyage à Madagascar, vous avez prévu un petit passage par Saint-Augustin, vous aurez besoin d’un toit pour la nuit ou les nuits que vous passerez sur place.

Une chose est sûre, vous n’hésiterez pas longtemps car vous vous doutez bien qu’au fin fond de la brousse, le choix en matière d’hébergement est limité…

En fait, 2 adresses s’offrent à vous :

  • L’auberge du Corsaire Chez Glover tenue par un malgache : je ne pourrai pas beaucoup vous en parler étant donné que je ne l’ai pas testée, mais à mon sens, c’est une adresse à recommander aux purs routards dans l’âme car le confort est très sommaire.
  • Le Longo Mamy tenu par un français Pierre depuis plusieurs années : c’est là que j’ai séjourné pendant toute la durée de ma mission.

 

Le Longo Mamy, une adresse sur laquelle on entend tout et son contraire…

Autant vous prévenir tout de suite, si vous demandez au Dieu Google de vous donner quelques infos de voyageurs sur le Longo Mamy, vous lirez du positif comme du très négatif… Je ne vous parlerai que de mon expérience personnelle, mais y ayant dormi pendant 3 semaines, j’ai eu le temps de me forger mon opinion…

Avant mon départ, d’autres personnes étant parties en mission là-bas avant moi, m’avaient dit :
– « Emmène du chocolat dans ta valise, tu verras ça te remontera le moral quand tu en auras besoin car les conditions de vie au Longo Mamy sont très dures. Il n’y a ni eau courante, ni d’électricité, à part un groupe électrogène qui fonctionne 2 heures par jour. Les bungalows sont plus que moyens et le toit en paille abrite une grande partie de la faune locale : souris, lézards, cafards, et gros insectes… »
–  » La femme du patron est très sympa mais alors le patron, Pierre, est bourru et lunatique »
– « Pour te laver tu n’auras, par jour, que 2 seaux d’eau froide tirée du puits dont il ne vaut mieux pas regarder la couleur »

Imaginez à quel point j’étais rassurée sachant que j’allais passer 3 semaines là-bas… Je nourrissais comment dire… quelques appréhensions en me demandant dans quel genre d’endroit j’allais atterrir…

La réalité sur le Longo Mamy

En arrivant sur place, quelle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir l’énorme décalage entre les descriptions qu’on m’avait faites et la réalité !…

Mon bungalow au Longo Mamy

 

Le Longo Mamy se compose de 7 bungalows en dur, d’une paillotte extérieure où prendre son petit déjeuner et son déjeuner à l’abri du soleil car il fait très chaud la journée, et d’un bâtiment en dur avec une salle à manger pour le dîner car le soir il fait froid.

La paillotte pour déjeuner

Par rapport à ce qu’on m’avait dit avant mon départ, sachez qu’en 3 semaines, à part de petits insectes tout ce qu’il y a de plus classique, je n’ai pas vu l’ombre d’un cafard, ou de grosses bestioles volantes non identifiées en 3 semaines de temps ! Certes, à côté des toilettes (car oui, il y a des toilettes !), vous verrez des poulets et un dindon qui ose glouglouter de temps en temps, mais à part ça, rien à signaler !

 

À propos de Pierre…

Nath devant son bungalowConcernant Pierre, le patron, il est vrai que c’est un personnage avec son caractère mais une fois qu’on a gagné sa confiance et qu’on lui a montré qu’on avait le sens des valeurs comme le respect, il est on ne peut plus sympathique ! J’ai appris que si cela s’était mal passé avec des précédents volontaires en mission, c’était parce que ces personnes, ou estimaient que tout leur était dû, ou ne pouvaient pas supporter de ne pas pouvoir utiliser leur téléphone portable. En même temps, dans un village de brousse au fin fond de Madagascar, avoir du réseau tiendrait du miracle !

Avec Pierre, j’ai eu de longues discussions sur énormément de sujets, j’ai partagé des fous rires. Pour les week-end durant lesquels j’étais libre, il m’a indiqué et aidé à organiser différentes excursions. Quand il a fallu des bancs en bois pour les enfants du centre de lecture, c’est lui encore qui s’est chargé de trouver quelqu’un pouvant fabriquer rapidement ces bancs pour une somme modique. Sincèrement, Pierre n’a rien du personnage antipathique qu’on m’avait décrit.
Maintenant, il faut reconnaître que c’est quelqu’un qui aime sa tranquillité et il préférera « mettre dehors gentiment » des voyageurs lui manquant de respect que d’avoir un client à tout prix… Je sais qu’on lui reproche aussi de ne pas parler le malgache depuis le temps qu’il est là et de ne pas s’intégrer dans la communauté : sur ce point-là, je veux bien encore admettre… Maintenant, il revendique clairement sa tranquillité, et je ne l’ai jamais vu se comporter en tyran avec ses employés, tous malgaches… Et même pour la fabrication des bancs, c’est à un jeune malgache qu’il a demandé en pensant qu’il aimerait gagner un peu d’argent… Donc après, chacun pense ce qu’il veut…

 

La terrible épreuve des seaux d’eau froide pour se laver…

Nath avec ses seaux d'eauSur ce point-là aussi, je stressais un peu, parce qu’une journée à se laver avec des seaux d’eau du puits, ça va, mais 3 semaines, c’est une tout autre histoire !…

Là encore, quelle montagne pour rien ! J’avais effectivement bien 2 seaux d’eau froide par jour pour me laver, et croyez-moi cela suffit amplement : j’utilisais en général un seau d’eau pour ma douche, pas plus ! Je vous laisse imaginer le gâchis qu’on fait chez nous en laissant couler les robinets grand ouverts… Quant à l’eau, d’une part elle n’était pas trouble et je n’ai jamais eu aucun problème de peau alors que j’ai une peau très sensible, et d’autre part, pour avoir de l’eau tiède, ce qui est suffisant par plus de 30°C, je laissais mes seaux au soleil toute la matinée et je ne prenais ma douche qu’à midi !

Et là encore, le peu de jours où il a fait froid, Pierre demandait à ses employés de faire chauffer de l’eau pour que j’ai de l’eau chaude pour me laver. Plutôt sympa pour un homme soi-disant antipathique, non ?

 

Et côté repas ?

Certes, la nourriture n’est pas très variée et au bout de 3 semaines, il y a certains mets dont on commence à se lasser fortement, mais en même temps il faut bien avoir conscience que Madagascar est un pays pauvre et Saint-Augustin encore plus. Mais Saint-Augustin est au bord de la mer, ce qui signifie que dans mon assiette j’avais du poisson tout frais pêché : crevettes grillées, thon jaune, barracuda, carpaccio de poisson, poulpe… Au Longo Mamy, les repas sont excellents, il n’y a rien à redire ! Franchement, regardez, il n’est pas appétissant mon repas ?!!!

 

Poisson au déjeuner

Croyez-moi, au Longo Mamy, on se sent comme à la maison… à condition de ne pas aller là-bas en ayant en tête un 5 étoiles en all inclusive bien sûr ! Voilà, maintenant vous connaissez mon opinion sur le Longo Mamy… À vous de vous faire la vôtre, si l’expérience d’un village de brousse loin de la civilisation moderne vous tente !

Et si vous hésitez encore, regardez comme j’ai l’air malheureuse ! Les conditions de vie au Longo mamy sont vraiment trop trop dures… 😉

Nath à l'heure de la sieste

 

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