Que je m’évade très loin et que je me fasse des échappées belles en France, je me rends compte que, si je conçois ma vie comme un voyage, c’est parce que de plus en plus, j’ai besoin de sortir du système, un système qui crée des rêves qui ne sont pas les miens, qui conditionne mon cerveau, qui asservit, qui tue à petits feux…
Et, si j’en crois l’augmentation des « nomades du quotidien », ceux qui ont à la fois le cerveau rattaché au système par un bout de corde usée – parce qu’il faut bien travailler pour vivre – et les pieds et le cœur en vadrouille – parce que la liberté n’a pas de prix – , je me dis que je ne suis pas la seule chérir cette liberté acoquinée à l’évasion…

liberté

Les « nomades du quotidien »

Aujourd’hui, entre les obéissants au système et les digital nomades – ceux qui ont réussi à sortir du système en inventant une façon de travailler leur offrant davantage de liberté – se développe un nouveau mouvement que je me plais à appeler « le nomadisme du quotidien. »

Qui sont-ils ? Des hommes. Des femmes. Des solitaires. Des familles avec enfants. Des potes de toujours ou d’un jour. Des couples jeunes ou moins jeunes. Des amoureux de la Vie. Des casseurs de routine. Des chasseurs de liberté. Ce mouvement de nomadisme d’un genre nouveau touche toutes les franges de la population. Vous a peut-être déjà touché. Vous touchera peut-être…

Ces « nomades du quotidien » sont ceux qui brisent, le temps d’un week-end, de quelques jours, parfois plus… les chaînes de la sédentarité. Ils cherchent l’évasion, mais pas n’importe comment. Pas question de réserver un hôtel ou une location de vacances qui, l’air de rien, entraîne encore des obligations. Non, ils choisissent des formes de déplacement et d’hébergement leur offrant la plus grande liberté possible.

Vous avez déjà sûrement remarqué, ici ou là, des vans aménagés : de vraies petites maisons ambulantes, le confort version compacte ! Il y en a de plus en plus. Pourquoi ce choix ? Simplement parce qu’en van aménagé, on peut s’arrêter n’importe où :

  • en bord de mer, alors qu’en camping-car on est obligé de se « parquer » dans les aires prévues pour.
  • sur le parking d’un parc national, alors qu’il est interdit de camper.

Le van aménagé offre une grande liberté. L’air de rien, de plus en plus de particuliers aménagent leur propre van pour mettre les voiles chaque week-end, parce qu’on est plus nombreux qu’on ne croit à ne plus supporter le système et à s’aménager des bulles d’O2 pour mieux vivre.

van aménagé nomades du quotidien

Plus radical, le bivouac. Là encore, de plus en plus de personnes cherchent à randonner léger pour se débarrasser des « obligations matérielles. » Les bivouaqueurs sont prêts à sacrifier leur confort pour cette liberté de dormir en plein montagne : ils plantent leur petite tente, loin de l’agitation urbaine, s’endorment les yeux pleins d’étoiles, se réveillent avec des courbatures mais avec l’incroyable sensation de se sentir vivants.

Qu’ils soient adeptes du van aménagé, du bivouac ou de solutions moins radicales, les nomades du quotidien cherchent avant tout à s’affranchir momentanément des contraintes du système, faute de pouvoir ou de trouver le force de sortir complètement du système, et conçoivent leur vie comme un voyage pour se préserver leur espace de liberté.

bivouac nomades du quotidien

Pourquoi je vire de plus en plus côté « nomades du quotidien » ?

Parce que je me rends compte que porter un masque tous les jours, c’est fatigant, pas en surface mais à l’intérieur. Je voudrais bien l’enlever ce foutu masque, même si on me dit qu’il me va bien…
Parce que porter des talons alors que je suis faite pour marcher pieds nus dans l’herbe, ça fait mal.
Parce que les obligations sociales, familiales & cie abîment les rêves.
Parce qu’à force qu’ « On » nous dise comment respirer, quoi voir au cinéma, comment travailler, comment aménager sa maison, quel sport pratiquer, comment manger une pizza, comment bien se comporter en société, j’ai parfois l’impression de ne plus savoir comment vivre.
Parce que le qu’en dira-t-on gouverne trop la société.
Parce que je ne veux pas qu’on me fabrique mes rêves, je veux me les créer moi-même pour les vivre vraiment.
Parce que la liberté, c’est comme l’amour, ça me met sur un petit nuage.
Parce que. Parce que. Parce que.

Je n’ai pas de van aménagé. Mais désormais j’ai ma tente de bivouac. Je l’ai testée ce week-end. Comme une gosse qui aurait eu envie de tester tout de suite son nouveau jouet. À peine sorti du mois d’avril. En pleine montagne. À 2000 m d’altitude. Alors qu’il y a avait encore des tapis de neige. Alors qu’il faisait un froid glacial. Et du vent. Alors qu’on m’avait dit qu’en cette saison c’était pas raisonnable.
Et vous savez quoi ? J’ai même pas eu froid dans mes 2 sacs de couchage. J’ai mal dormi. Le matelas était un peu dur. Mais je me suis sentie vibrer. J’ai regardé les montagnes avaler le soleil. Senti la nuit dévorer la toile de ma tente. Entendu le vent chercher à entrer. Goûter au plaisir de la liberté.
Et j’ai tellement aimé cet espace de liberté que je recommencerai… Parce qu’être nomade du quotidien, ça me va bien, ça rend la vie acidulée comme ces bonbons que je mangeais en cachette quand j’étais petite…

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

12 Réponses

  1. Laurent

    C’est vrai qu’en plus, c’est un chouia moins cher qu’un van une tente bivouac. J’avoue n’avoir jamais testé. Une tente oui, bien sûr, mais pas la version tunnel bivouac. J’ai un ami qui était le spécialiste. Le soir, en semaine, il partait en montagne, bivouaquait près de sa voiture et montait au petit matin pour une virée ski de rando avant d’aller ensuite direct au boulot !
    Le dernier article de Laurent : La Pamir Highway de Khorog à Mourgab, vers le plateau du PamirMy Profile

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    • Nath

      C’est clair la tente est moins chère que le van ! Surtout quand c’est la tente toute bête rapide à monter de chez Decath’ : mais ça fait parfaitement l’affaire ! J’avais déjà bivouaqué mais jamais aussi tôt en saison !
      Un bivouac avant d’aller au boulot : faut être mordu !!!

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  2. Christell

    Bonjour,
    comme toujours votre article est très intéressant.
    Nous nous avons un van.
    L’année dernière nous hésitions à acheter une petite maison dans les Pyrénées mais ça veut dire aller toujours au même endroit, alors non.
    Nous nous sommes posés la question de l’aménager mais comme nous ne sommes pas trop bricoleurs nous l’aurions fait faire et cela serait revenu au même que le prix du neuf.
    Donc nous avons acheté un volkswagen california. Tout est très bien aménagé à l’intérieur. Nous sommes ravis. Cela nous permet de faire des sauts de puce durant le we. Et cet été nous partons trois semaines au Portugal en van.
    C’est vrai que c’est un moyen d’évasion incroyable. A chaque fois que nous partons 2 jours quand nous revenons nous avons l’impression d’être partis plus longtemps.

    Concernant le site web que j’ai noté il est réalisé par mon mari.

    Bon week-end !
    Christell

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    • Nath

      Bonsoir,
      Merci pour le compliment ! 🙂
      C’est vrai que comme vous, je serais bien tentée par un petit chalet dans les Alpes, mais j’aurais du mal à aller systématiquement au même endroit. Vous avez acheté un van, waouh !!! Le bonheur, quelle liberté vous devez avoir !
      Je vais aller voir votre site !
      Bonne fin de w-e à vous !

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  3. Sylvie

    C’est vrai que s’évader de son quotidien même peu de temps, qu’est ce que ça fait du bien ! Comme le dit Christell dans son commentaire, même en étant parti seulement 2 jours, on a l’impression d’être parti depuis bien plus longtemps ! De plus en plus de gens le font oui, mais je croyais que c’était juste pour se ressourcer parce que dans la vie de tous les jours on nous en demande toujours plus, et que tout va toujours de plus en plus vite. A la maison nous ressentons ce besoin alors que pourtant je ne me sens pas spécialement nomade du quotidien… Pas de van à la maison, ni de bivouac en vue… Juste des évasions d’une journée, ou sinon c’est l’hôtel ou la location (pas vraiment nomade ça….). Et pourtant cette envie de partir toujours plus ! Ça oui ! Du coup je comprends tout à fait ton point de vue, même si je ne me sens pas enserrée dans un étau autant que tu sembles l’être. En tout cas, bravo pour ce bivouac dans la neige : il fallait oser le faire ! J’espère tout de même que tu n’étais pas toute seule…

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    • Nath

      Merci de ton point de vue Sylvie : effectivement peut-être que certaines personnes ont juste un besoin (grandissant) d’évasion. Mais peut-être que ces évasions d’une journée sont une alternative quand on n’a pas la possibilité, l’envie, les moyens de basculer dans le côté nomade du quotidien ?… Ou peut-être est-ce que dans certains cas, l’éducation reçue fait qu’on n’est pas prêt à tout quitter ?…

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      • Sylvie

        L’éducation y est sûrement pour quelque chose dans bien des cas, surtout pour les générations passées (je ne parle pas d’il y a 200 ans entendons nous bien hein 😉 où « le moule » était encore plus rigide qu’aujourd’hui, et où en sortir était mal vu… Une vie réussie était une vie où on se mariait à tel âge, où on avait tant d’enfants, où on faisait le même boulot au même endroit toute sa vie, où on allait en vacances seulement l’été etc. Forcément, quand on est ainsi éduqué, ça laisse des traces… De plus en plus, tout ces codes volent en éclat, les jeunes sont de plus en plus habitués à bouger, pas forcément toujours par envie mais parfois par obligation, alors ils se posent moins de questions que d’autres… Alors oui, pour des gens comme moi qui n’oseraient jamais faire le grand saut et qui ont une vision un peu plus étriquée que d’autres des choses, c’est sûr que ces envies d’évasion à répétition sont certainement une alternative !

      • Nath

        On est d’accord, la société a évolué et c’est dingue de voir combien de jeunes maintenant osent emprunter les chemins de traverse ! Et ils ont bien raison !
        Pour nous les envies d’évasion à répétition comme elles sont à répétition, cela nous donnerait presque l’impression qu’elles sont à plein temps ! lol

  4. Amélie Mélie

    Ah, un van, c’est vrai que c’est tentant quand même! En tout cas ça me motive bien plus que l’achat d’un bien mobilier. Mais pas de suite, la tente bivouac serait plus adaptée à mon cas actuel… Celle que tu as trouvé à Décathlon n’est pas trop lourde ? J’aimerais faire du camping dans les pays baltes cet été, mais avec 8kg de bagages en cabine, c’est challenge !

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    • Nath

      8 kg de bagages en cabine ? C’est parce que tu n’as pas de bagages en soute inclus ? Effectivement 8 kg pour emmener tout le matos de camping, c’est challenge ! Je ne sais plus combien pèse le tente Décathlon mais c’est la moins chère : j’avais testé celle d’un ami l’année dernière et elle n’avait pas percé sous l’orage que nous avions subi en montagne. Le bivouac et le van sont 2 expériences différentes : les 2 sont bien à mon avis mais j’aimerais quand même bien tester le van un de ces jours !

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  5. Amélie Mélie

    Immobilier le bien, pas mobilier…! 2h que je suis debout mais pas encore réveillée… ;o)

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