Pourquoi l’orphelinat de Fianarantsoa ? Il y a quelques années, j’avais choisi de profiter de mes congés pour effectuer une mission bénévole à vocation solidaire à Madagascar. L’expérience avait été tellement riche en émotions, tellement riche en petits et grands bonheurs que j’avais envie de renouveler l’expérience mais de manière différente.

Contrairement à mon premier voyage à vocation solidaire, je n’avais pas envie de passer par une ONG. Je souhaitais filer un petit coup de pouce au cours de mon voyage, directement sur place et en fonction des besoins. Et ce petit coup de pouce, je souhaitais le donner aux enfants de Madagascar, cette île-continent dont j’aime les habitants, si souriants et si dignes malgré des conditions de vie difficiles…

 

Après quelques recherches, j’ai su que l’orphelinat de Fianarantsoa correspondait au but que je m’étais fixé. En plus je savais que je pouvais louer une chambre dans l’orphelinat, ce qui présentait plusieurs avantages :

  • Le prix que j’allais payer pour la chambre pendant ces quelques jours assurerait à l’orphelinat un petit revenu supplémentaire. Et je savais que pour eux, toute rentrée d’argent, même minime, leur permettrait d’améliorer un quotidien pas toujours facile.
  • Je serais sur place et donc totalement immergée dans la vie de l’orphelinat. Il n’était pas question pour moi de venir en touriste mais bien de partager leur quotidien et de participer aux tâches de la maison.
Vue de ma chambre à l'orphelinat

 

En route pour l’orphelinat de Fianarantsoa

Fianarantsoa est située à 410 km d’Antananarivo sur la très connue RN7 qui relie la capitale à Tuléar, ville côtière du Sud-Ouest. Mais à Madagascar, on ne fait pas du 110 km/h, alors autant prévoir de faire la route en 2 fois et de dormir en route car il est très dangereux de rouler de nuit, même accompagné par un chauffeur malgache.

La route est longue mais permet en même temps de traverser une belle diversité de paysages, des vertes rizières aux terres rouges ravinées en passant par des villages authentiques.

Fianarantsoa se trouve dans les Hautes Terres, ce qui signifie qu’il peut y faire très frisquet voire carrément froid. Si vous comptez y aller, n’oubliez pas de glisser quelques pulls dans votre valise !

Ville malgache sur la RN7

 

L’orphelinat de Fianarantsoa

Bien sûr j’avais communiqué par mail bien avant mon départ avec le couple s’occupant de l’orphelinat. Néanmoins, en arrivant à Fianarantsoa, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver ce mélange d’excitation et d’appréhension qui font battre le coeur à tout rompre…

Orphelinat de Fianarantsoa

 

L’accueil à l’orphelinat

J’ai été fort bien accueillie par Paul et Voola, le couple qui tient l’orphelinat, et par les 14 enfants, âgés de 5 à 16 ans, élevés dans cette maison qui est la leur… Nous avons rapidement fait connaissance et le feeling est tout de suite passé.

maisonnee-orphelinat-fianarantsoa

Le moment fort de cette première journée a été la distribution de paire de baskets que j’avais récoltées en France avant mon départ. J’ai été impressionnée par l’éducation des enfants : aucun d’eux ne s’est précipité pour choisir ses baskets avant les autres et à aucun moment je ne les ai entendus se chamailler pour l’une ou l’autre des paires de baskets.
Non, chacun leur tour, ils ont essayé les paires de baskets pour en trouver une à leur pointure, et mon plus grand bonheur fut de voir de grands sourires illuminer leur visage !

Accueil à l'orphelinat de Fianarantsoa

Il faut savoir que les chaussures sont des achats onéreux pour les malgaches, alors qu’ils en ont besoin : comme on voit souvent les enfants malgaches aller pieds nus avec une facilité déconcertante, on a souvent tendance à oublier que le sol peut être brûlant lorsque le soleil darde ses rayons flamboyants, ou carrément blessant avec ses chemins caillouteux…

Distribution de baskets

 

Une maison où tout roule comme sur des roulettes !

Le lendemain matin, en me réveillant, la première question qui m’est venue à l’esprit c’est : « mais où sont donc passés les 14 enfants qui vivent ici ? » La maison était étrangement calme… Pourtant ils étaient bien là !…

Peu après, en visitant l’orphelinat avec Voola, j’ai compris pourquoi il régnait dans la maison une belle harmonie… Paul et Voola ont inculqué de vraies valeurs aux enfants tels que le respect les uns des autres, l’entraide et la participation de chacun à la bonne marche de la maison…

La chambre des filles

J’avoue que j’ai été très impressionnée par la solidarité et la complicité unissant ces enfants devenus frères sœurs de cœur par les circonstances de la vie…
Et pourtant, même si l’orphelinat offre aux enfants un toit assez confortable, leurs conditions de vie feraient râler plus d’un enfant chez nous :

  • Il n’y a que 2 chambres, une pour les garçons et une pour les filles. Dans la chambre des garçons, 4 lits pour 8 garçons, ce qui signifie qu’ils dorment à 2 par lit ! Quant aux filles, elles sont 6 pour 5 lits. Et personne ne se plaint !
  • Un généreux donateur finance l’inscription à l’école privée pour chacun des enfants. En contrepartie, ils ont une obligation de réussite. Quand les plus petits ont rejoint les bras de Morphée, les plus grands étudient sur l’un des bureaux de la maison.
  • Ils n’ont pas de jouets high tech mais savent s’amuser avec des choses simples et tous ensemble.
  • Ils doivent faire leur lit, balayer leur chambre à tour de rôle, mettre et débarrasser la table, pendre le linge…
La chambre des garçons
Les enfants ont conscience de la chance qu’ils ont (par rapport à d’autres enfants malgaches) d’avoir été sortis de la rue et de pouvoir étudier. C’est pourquoi ils aident leurs parents de cœur dans les différentes tâches du quotidien, tout naturellement, avec beaucoup de fierté et de reconnaissance : jamais au cours de ces quelques jours Paul ou Voola n’ont eu à élever le tons pour faire obéir les enfants.
Sincèrement, dans cette maison qui donne le sourire au cœur, tout n’est que partage, chaleur humaine, échange, joies simples. Il y a une vraie place pour les choses essentielles de la vie et pour les valeurs humaines fondamentales, celles que nous autres occidentaux bafouons, piétinons, renions, transgressons… au nom du seul Dieu Consommation…
Enfants de l'orphelinat de Fianarantsoa
J’étais allée à l’orphelinat de Fianarantsoa dans le but de donner… mais j’ai reçu autant que j’ai donné durant ces quelques jours dans cette maison du bonheur. Une grande leçon de vie ! Et c’est bien parce que ce genre d’endroits existe encore que la Terre est toute l’année sur son 31 !
Dans de prochains articles, je vous parlerai de quelques moments forts vécus avec les enfants et qui resteront à jamais gravés dans mon cœur…

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