Il y a quelques jours, je me suis inscrite sur Instagram. Enfin, me direz-vous ! Je vous accorde que j’ai mis du temps à me décider à créer ma galerie de blogueuse sur ce réseau que tous, blogueurs comme particuliers, se sont approprié. Évidemment, vous vous en doutez si vous suivez mon blog, j’ai orienté ma galerie sur la faune sauvage et les paysages fabuleux de notre monde, et toutes les photos sont les miennes. D’ailleurs, n’hésitez pas à me suivre pour découvrir de belles images, je serai ravie de vous retrouver aussi sur Instagram !

Si le réseau Instagram a pour but de partager ses photos, en ce qui me concerne, il m’a fait l’effet d’un électrochoc…

MA GALERIE INSTAGRAM
(Cliquez sur les images ci-dessous pour me rejoindre sur Instagram)

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Instagram token error.

Instagram, agitateur de rêves…

Le feulement du vent dans les herbes jaunes de la savane africaine. Le face-à-face excitant avec un lion, un guépard, un léopard. Le sentiment d’être seule au monde face à l’immensité de l’océan, face à aux sommets coiffés d’un chapeau de neige. L’attente. L’effort de la marche. Les transports chaotiques. L’odeur du bush. Le regard d’un guépard dans les starting-block. Les premiers pas d’un bébé lycaon. La tendresse d’une maman hyène envers ses petits. Le bruit du silence. Le bruit du désert. De la jungle. Des vagues. De la vie nocturne. Le clapotis de mes rêves endormis remontant en surface…

Sur Instagram, il y a de tout et de rien. Mais il y a surtout des images de folie, prises par des personnes qui ont étreint leurs rêves de toutes leurs forces. Sans rien lâcher. Refusant de céder à la routine d’un système vomissant des règles de vie contre-nature.

Et là, je me suis pris un électrochoc en pleine gueule. Un électrochoc qui m’a secouée de l’intérieur. Qu’ai-je donc fait de mes rêves ?…

rêve de voyage

Douloureuse prise de conscience

Quand j’ai commencé à voyager, je rentrais à peine de voyage que je pensais immédiatement au suivant. Je pensais voyage, je respirais voyage, je dormais rêve de voyage. Avant. Pendant. Après. Et rien ne me rendait aussi vivante que le voyage. Exaltée. Passionnée. Toujours avide de rencontres. Cherchant à figer chaque instant dans mon objectif, comme si le simple fait de figer l’instant pouvait en augmenter la durée de vie… J’avais des étoiles plein de les yeux. Des rêves plein la tête. Je me sentais vivante.

vivre pour voyager

Sauf que la vie active est passée par là. Et comme on t’apprend très tôt que pour être heureux, il faut travailler dur, gagner de l’argent, trouver ta moitié, faire des bébés, faire construire ta maison, choisir le chien qui va bien avec le jardin… tout ça, et en plus, pas dans n’importe quel ordre ! J’ai essayé, j’ai travaillé et je travaille toujours dur pour gagner de l’argent, ni plus ni moins que la moyenne. Mais je me suis arrêtée là, car je suis incapable de rentrer dans le moule. Je n’ai jamais su faire les choses comme il faut. Comme il aurait fallu. J’ai trouvé une autre façon d’être heureuse. Du moins c’est ce que je croyais. Je me suis persuadée qu’en travaillant dur, cela compenserait le fait de ne pas avoir été plus loin dans le schéma classique (famille + maison + chien). J’ai couru après une pseudo reconnaissance pour masquer un complexe d’infériorité. Je me suis persuadée qu’en voyageant durant mes 5 semaines annuelles de congés, qu’en me nourrissant autant que possible de nature, de grands espaces et de sommets, tout allait bien.
Sauf que je me suis perdue en chemin. Sauf que j’ai oublié de m’écouter un peu. De prendre soin de moi. Soin d’un capital santé fragile et d’un capital temps tout aussi précieux. Je n’ai même pas voulu voir ni entendre les signaux d’alerte envoyés par mon corps, fatigué de devoir tenir en équilibre permanent sur une corde raide. Je me suis acharnée pour avoir une vie à peu près dans la normalité des choses.

Sauf qu’Instagram a réveillé en moi des rêves éteints. Des souvenirs. Des parfums. Des envies de mettre les voiles qui me filent des frissons… L’électrochoc de ne pas avoir dessiné le meilleur schéma de vie pour moi.

réflexion sur le voyage

L’impasse : quel choix pour demain ?…

J’ai voulu rentrer dans un schéma classique quand bien même ce schéma n’était pas bon pour moi. J’en suis là. Avec mon CDI sécurisant. Avec mon chouette appart’ avec vue mer acheté l’année dernière. Dans une région que j’adore. Alors que j’aurais dû larguer les amarres pour vivre sur la route. Aider des orphelins. Agir pour protéger cette faune sauvage qui me fait tant vibrer. Me remplir de vie.

protection de la faune

Mais est-il envisageable de tout quitter ? Alors que je ne suis plus depuis longtemps dans cet âge de la vie où tu pars vadrouiller dans le monde avant de rentrer dans la vie active et de t’installer. Est-ce vraiment sérieux ? Que se passera-t-il plus tard si je n’ai pas travaillé aussi dur que la société le demande ? En même temps, puis-je continuer ainsi d’avancer à cloche-pied vers le bonheur quand il serait possible de sauter à pieds joints dedans pour mieux m’éclabousser le visage et être ivre de vie ? J’en suis là avec mes questions à la con qui me font tourner en rond…

sauter dans le bonheur

Je vous ai menti à vous aussi : j’ai clamé haut et fort que j’étais intermittente du voyage et heureuse de l’être car tout le monde n’est pas fait pour être en permanence sur les routes. Mais en fait, être intermittente du voyage n’est qu’une béquille pour mieux supporter la routine d’un quotidien stressant. Et puis, c’est tellement plus confortable que de faire un choix radical, extrême… Parce que je me sens tellement incapable de trouver la force de tout envoyer valser…

partir ailleurs

Et pourtant, j’ai envie d’entendre gronder le glacier du Perito Moreno. D’aller en Alaska voir les ours pêcher le saumon. D’aller apprendre la permaculture et le secret des plantes médicinales en faisant du woofing. D’aller soigner les animaux maltraités. De dormir dans le désert à la belle étoile. De sentir l’odeur du bush pénétrer toutes les pores de ma peau. De vibrer en lisant dans le regard des fauves d’Afrique. D’aller croquer des fruits sur les marchés d’Asie. D’aller en Papouasie, rien que parce que le nom est une promesse de voyage. D’aller plonger à la Dominique. De marcher à travers le monde. De rallumer mes rêves pour me sentir vivante. Je veux dire vraiment vivante. J’ai conscience de qui je suis et de l’environnement qui me convient. Mais, allez savoir pourquoi, poids de l’éducation ou de la société, peur de manquer de quelque chose quand j’avancerai en âge, j’ai du mal à me résoudre à prendre un aller simple pour aller voir ailleurs si j’y suis… J’en suis là avec mes questions à la con qui me font tourner en rond et mes rêves de voyage qui se cognent contre les murs de mon cerveau…

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