Sur le web, la tendance très forte des voyageurs tour du monde véhiculant l’idée que le « vrai voyage » est nécessairement un voyage au long cours et l’augmentation des digital nomades prônant la liberté géographique et professionnelle comme bonheur absolu me donnent parfois l’impression qu’être un intermittent du voyage et un voyageur heureux sont 2 notions incompatibles. Mais est-ce réellement le cas ?

Tourdumondistes et digital nomades: les influenceurs de la sphère voyage

Les tourdumondistes, voyageurs heureux au plus-que-parfait

Ils sont de plus en plus nombreux les tourdumondistes qui larguent tout pour partir parcourir la planète pendant 1 an, parfois plus. Voyage autour du monde en famille, en couple, avec bébé, voyage autour du monde à pied, à vélo, d’Ouest en Est ou d’Est en Ouest, chacun y va de sa formule en fonction de ses aspirations.

tourdumondiste

Ces mêmes tourdumondistes développent sur la toile des blogs de voyage de plus en plus léchés, de plus en plus professionnels. Ces blogs sont si riches d’informations pour le voyageur néophyte qu’ils sont largement capables de rivaliser avec les guides de voyage les plus réputés.
Les blogs des voyageurs tour du monde sont remplis de fabuleuses aventures aux 4 coins du monde, d’images waouh, d’expériences insolites et de conseils aux voyageurs occasionnels pour qu’ils osent « faire le grand saut ». Parce que c’est tellement facile nous disent-ils…

Leur point commun ? Ils répandent l’idée que le voyage au long cours c’est LE bonheur. L’anti-routine. Le rêve. Un truc unique qui agrandit la vie et que l’intermittent du voyage ne pourra jamais connaître…

À tel point qu’en tant qu’intermittent du voyage, on ne peut que se sentir « petit joueur »… Presque gêné de ne pas oser, nous aussi, prendre nos cliques et nos claques…

tourdumondiste sac à dos

Les digital nomades, voyageurs à vie et travailleurs heureux

À côté des tourdumondistes, les digital nomades chérissent leur liberté de pouvoir vivre et travailler dans n’importe quel pays du monde, de pouvoir changer de cadre de vie aussi souvent qu’ils le souhaitent et de ne pas être prisonnier d’un patron. Ils répandent cette idée qu’un voyageur heureux a eu un jour le courage de tout plaquer pour une vie de voyages, une vie professionnelle épanouie en toute autonomie, loin de l’asphyxiante routine métro-boulot-dodo.

digital nomades vie de voyages

Vie de rêve et rêves de voyage devenus réalité grâce à une volonté sans faille d’emprunter un autre chemin que celui qu’on nous dicte depuis la naissance. Je les admire ces digital nomades qui ont eu cette force de donner un grand coup de pied dans la fourmilière !

Alors, un intermittent du voyage ne serait donc qu’un voyageur frustré, condamné à goûter des miettes de voyages ? Pas si sûr…

digital nomade

J’assume d’être intermittent du voyage et je suis une voyageuse heureuse !

Je me définis bien volontiers comme une intermittente du voyage, c’est-à-dire que je suis salariée à plein temps et que je profite de mes 5 semaines de congés payés, de mes week-end et RTT pour assouvir ma soif de voyages.

Les tourdumondistes et digital nomades me rétorqueraient sûrement que c’est vraiment dommage de cravacher dur toute l’année dans une entreprise pour n’avoir que 5 semaines et des poussières à consacrer à ma découverte du monde. Peut-être… mais je suis une voyageuse heureuse comme ça !

voyageur heureux aux galapagos

Il faut être réaliste : tout le monde n’est pas fait pour être tourdumondiste ou digital nomade. Et personnellement je pense que je ne suis pas prête pour un tour du monde et pas faite pour être digitale nomade. Pour plusieurs raisons. Je n’ai envie ni de lâcher mon appartement ni de quitter mon job, en fait je n’ai pas envie de tirer un trait définitif sur ma vie ici. Car je l’aime bien moi ma vie ici. J’ai mis du temps à la construire. Et puis vu la conjoncture, je ne suis pas prête à prendre ce risque de tout envoyer valser.

Cela ne m’empêche pas d’aimer voyager, de sortir de ma zone de confort – parce qu’il n’y a pas que le voyage au long cours qui te permet de sortir de cette fameuse zone – Oui, mes voyages font 4 semaines d’affilée grand max, et alors ? La durée relativement courte de mes périples lointains ne fait pas de moi une voyageuse malheureuse, bien au contraire !

voyageuse

Je choisis soigneusement mes voyages et par exemple, 3 semaines de safari au Kenya ou 4 semaines à Madagascar en mission solidaire sont des durées suffisantes car ce sont des voyages fatigants qui puisent beaucoup d’énergie. Du coup, je suis heureuse de partir mais je suis tout aussi heureuse de rentrer : j’apprécie d’être en vadrouille mais j’aime aussi retrouver mon chez-moi, mes petites habitudes – non toutes les habitudes ne sont pas mauvaises ou mortelles, certaines ont du bon ! –
L’entre-deux voyages est un temps nécessaire que je consacre à la prise de recul et à la préparation du voyage suivant !

Parce que je n’ai pas envie de transformer en voyages plus que mes 5 semaines de congés par an, mes week-end et RTT, je ne pourrais pas être un voyageur heureux au même titre qu’un tourdumondiste ou un digital nomade ?

voyage aventures

Non, je n’ai pas envie de faire tenir toute ma vie dans une valise de 15 kg, de changer de domicile tous les 4 matins, j’ai besoin de rentrer pour mieux repartir. J’ai choisi une vie sédentaire en y incluant de jolies parenthèses que sont les voyages. Je ne suis ni frustrée ni envieuse des tourdumondistes et digital nomades. Juste admirative. Parce que quand même il faut du cran.

intermittent du voyage et voyageur heureux

Alors peut-être dira-t-on qu’un intermittent du voyage n’est pas un vrai voyageur – mais c’est quoi un vrai voyageur ??? – mais ce serait faux de dire qu’un intermittent du voyage ne peut pas être un voyageur heureux. J’en suis la preuve. Et je suis sûre qu’il y a des milliers d’autres intermittents du voyage qui sont des voyageurs heureux comme je le suis…

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