Premiers pas en Asie, premières impressions

La Malaisie a été ma première immersion en terre asiatique, puisqu’avant ce voyage, je n’avais jamais foulé les terres d’Asie. Et Semporna, ville portuaire de la province de Sabah au nord est de Bornéo, aura été mon premier vrai point de chute en Malaisie.

Mosquée à Semporna

 

J’avais donc les yeux grand ouverts comme un enfant qui découvre un nouveau monde… J’étais :

  • émerveillée devant les sourires des gamins qui venaient à ma rencontre pour être pris en photo…
  • impressionnée par les maisons sur pilotis des bajaus qui, telles des bicoques en bois, semblaient tenir en équilibre précaire sur l’eau…
  • amusée en observant les pêcheurs faire les pitres devant l’appareil photo
  • ahurie devant la quantité de déchets dérivant à la surface d’une mer dont le bleu turquoise ne serait bienôt plus qu’un souvenir…
  •  horrifiée par le tapis d’ordures en tout genre jonchant le sol et dégageant une odeur nauséabonde…

Habitants de Semporna

 

Nomade des mers, une liberté enchaînée à la mer…

Je comprendrai plus tard que les habitants, dont la plupart sont des bajaus, en l’absence d’éducation à la protection de l’environnement et de politique de gestion des déchets, n’ont pas conscience de la portée de leurs actes à long terme…

Ils ignorent le caractère épuisable des ressources de la mer, dont ils tirent leur subsistance, et, quand bien même ils en auraient conscience, leur priorité est ailleurs, plus précisément dans la lutte pour la survie quotidienne de leur famille…

Maisons sur pilotis des bajaus

 

Pour le coup, les bajaus et leurs maisons sur pilotis, leur vie sur l’eau, ont de quoi combler touristes et voyageurs en quête d’authenticité et d’exotisme. Et je ne fais pas exception à la règle : j’ai l’impression d’avoir débarqué sur une autre planète, d’avoir pénétré dans un autre monde, et les scènes de vie qui se déroulent sous mes yeux sont autant d’instants qui m’affranchissent de mon quotidien trop balisé et qui satisfont ma soif de dépaysement…

Sauf que ce qui est pour moi une somme de petits bonheurs de voyageuse enthousiaste n’est en réalité qu’une projection fantasmée d’un mode de vie rude et sans pitié… En effet, les bajaus, peuple nomade des mers qui s’est peu à peu sédentarisé, dépendent entièrement de leur mer nourricière, pas toujours commode, souvent hostile…

Pêcheurs à Semporna

 

La mer turquoise-marine est, pour nous voyageurs, synonyme de paradis sous-marin et de vacances quand pour les bajaus elle est synonyme de moyen de survie… Oui, les bajaus ont l’air libres, mais ils sont librement enchaînés à la mer…

Dès lors, comment les blâmer de ne pas se soucier des poissons multicolores, du ballet des tortues marines, de la beauté des coraux, alors qu’ils luttent au jour le jour pour leur survie et la survie des leurs ?… Ils n’ont guère le loisir de goûter aux paradis offerts par les îles environnantes qui attirent les touristes comme des aimants…

Nous rêvons de la beauté de leurs fonds marins quand eux rêvent de goûter aux joies de la société de consommation, à son confort, à ses nouvelles technologies et aux plaisirs urbains… Le monde est-il mal fait ou est-ce seulement humain de penser que l’herbe est toujours plus verte ailleurs ?

Enfants tout sourire à Semporna

 

Semporna, point de départ pour des îles-paradis

Au premier abord, Semporna semble ne présenter que peu d’intérêt, avec ses allures de ville-poubelle… Sauf que Semporna est le point de passage obligé pour les voyageurs en quête de plongées divines ou de snorkeling époustouflant dans un cadre idyllique.

En effet, c’est de Semporna que partent toutes les excursions de plongée et de snorkeling :

  • Sipadan, qui compte parmi les spots de plongée les plus réputés au monde
  • Sibuan
  • Mantabuan
  • Kapalai…

…autant de promesses de plonger dans des aquariums grandeur nature !

Aquarium grandeur nature

 

Et comme il n’existe pas ou pas de possibilités d’hébergement sur ces îlots paumés au beau milieu des flots bleus, Semporna profite de l’engouement des touristes et voyageurs pour la plongée. Enfin malheureusement les bajaus ne figurent pas dans les rangs de ceux qui profitent de cette manne touristique…

Enfer de la mer pour les uns, paradis pour les autres, Semporna incarne ce paradoxe, laissant dans son sillage un arrière-goût salé…

Bateau bajau

A propos de l'auteur

Salut, moi, c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, chasseuse d’images addict aux grands espaces et à la faune sauvage. ICI je vous emmène AILLEURS pour rêver, farnienter, lézarder, barouder à la rencontre de notre monde, vous venez ?

6 Réponses

    • Nath

      Merci pour tes encouragements d’autant que ce genre d’article n’est pas facile à écrire : en tant que voyageuse de passage il est difficile de saisir l’exacte vérité ou même de retranscrire le plus fidèlement possible la réalité.

      Répondre
  1. charlotte

    C’est tellement vrai, ce paradoxe entre 2 mondes, enviés par les uns et les autres. Où est le juste milieu; la justice. J’ai vu un peu , ce que tu décris sur les marchés flottants…….

    Après le constat, quelles solutions? Je crois en éduquant les très jeunes enfants de toutes ces sociétés paradoxales.

    Merci pour ce tres juste reportage.

    Amicalement
    Charlotte

    Répondre
    • Nath

      Bonsoir Charlotte,
      Je pense comme toi que l’éducation dès le plus jeune âge peut contribuer à changer les choses. Mais ce genre de situation paradoxale et complexe n’est pas facile à résoudre dans le sens où ces mondes n’ont pas les mêmes ressources, le même accès à l’éducation…
      Amicalement,

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  2. Tongs et Sri Lanka

    En lisant ton billet, je suis partagée entre le « whaou » et le gros pincement au coeur des conditions de vie des habitants. ce sont toujours les mêmes qui profitent des richesses dans ces développements touristiques… et rarement les locaux qui en ont le + besoin 🙁 des bises Nath

    Répondre
    • Nath

      Oui, tu as tout à fait raison Caroline… Malheureusement les revenus du tourisme vont rarement dans les poches des locaux… Les richesses sur la planète sont malheureusement plus qu’inégalement réparties…

      Répondre

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