En voyage, on pense être libre mais en fait, on se retrouve vite prisonnier de certaines contraintes qu’on s’impose inconsciemment. Pour voir un maximum de choses en un minimum de temps – comme si c’était une obligation ! – on est en permanence dans l’optimisation, du timing de découvertes, du programme de chaque journée, des moyens de transport. On aurait bientôt plus d’impératifs horaires que lorsqu’on bosse ! Certains voyageurs mesurent même la réussite de leur voyage au nombre de kilomètres parcourus ! Pourtant, lorsqu’on part en vacances en France, il ne nous viendrait pas à l’idée d’en faire le tour en 10 jours. Et lorsqu’on part loin, on s’impose de sillonner des pays grands comme 3 fois, 5 fois ou 7 fois la France en 3 semaines !
Je voyageais comme ça au début, boulimique de découvertes et persuadée que je risquais de rater quelque chose si je m’arrêtais. alors que c’était tout le contraire ! Alors oui, aujourd’hui, je ne rêve plus de voyage à enchaîner les lieux, les rencontres… j’ai envie de voyager immobile !

 

C’est quoi voyager immobile ?

Voyager immobile, attention, pour moi ce n’est pas voyager dans mon canapé les yeux rivés sur un écran, mais c’est faire le choix de me pauser à l’autre bout du monde pour avoir le temps de me consacrer à l’objectif que je me serais fixé avant mon départ. Cet objectif peut être très différent en fonction de mes envies du moment :

  • nager avec les tortues,
  • expérimenter la vie dans une tribu,
  • observer le tigre du Bengale,
  • découvrir la grande barrière de corail…

Oui, si je pars 2 semaines pour nager avec les tortues, je ne veux pas juste faire une excursion d’une journée mais passer les 3/4 de mon voyage avec un masque et un tuba pour observer, comprendre, photographier… sans aucune pression temporelle !

voyage snorkeling

5 raisons pour lesquelles je veux voyager immobile

1- Plus envie de faire et défaire mon sac tous les 2 jours

À la longue, c’est saoulant ! Surtout si on est du genre à emmener trop d’affaires au cas où… Au bout d’une semaine, réussir à fermer son sac sans s’asseoir dessus en saquant la fermeture éclair devient un exploit !

voyage faire son sac

2 – Plus envie d’avaler entre 150 et 300 km tous les jours

Ces distances journalières sont la norme dans les autotours. Mais résultat on passe plus de temps sur les routes qu’à profiter de la découverte des endroits traversés. Et en plus vous imaginez bien que dans des pays où le réseau routier est fait de pistes et routes bourrées d’ornières, on ne fait pas du 120 km/h de moyenne…

voyage longue distance

3- Plus envie d’enchaîner des transports fatigants aux horaires approximatifs

Passer 8 heures dans un bus pour traverser un pays d’Est en Ouest, courir le risque d’attendre un bus qui ne passe que s’il veut bien, c’est cool quand on commence à voyager, ça fait partie de l’aventure du voyage… mais au bout d’un moment ça lasse ! D’ailleurs ce n’est pas pour rien si au bout de quelques années de voyage, certains voyageurs délaissent les transports locaux pour la location de voiture…

voyage transport local

4 – Plus envie d’avoir l’impression de tout survoler

2H top chrono pour visiter tel monument, pas le temps d’attendre la bonne lumière pour faire de belles photos, trop peu de temps ici ou là pour espérer comprendre la culture locale…
À force de vouloir tout faire, on finit par ne plus rien voir vraiment ! On en devient un voyageur zappeur…

voyage temps de visite

5- Plus envie que voyage rime systématiquement avec fatigue

Vous qui voyagez, ne vous êtes-vous jamais dit en rentrant d’un voyage « Maintenant j’aurais bien besoin de vacances pour me reposer » ? Pourquoi diable faudrait-il que le voyage soit un parcours du combattant avec des obstacles à surmonter et une organisation quasi militaire ?

voyager immobile

Pour toutes ces raisons aujourd’hui, je rêve de voyager immobile. Avoir le temps et plus la montre. Découvrir un aspect plus en profondeur. Vivre mon voyage comme de vraies vacances. Ne plus courir après je-ne-sais-quoi d’incontournable.
J’ai besoin de changer de façon de voyager et je pense que voyager immobile me ferait davantage kiffer. Pourquoi serait-il plus ridicule de passer 2 semaines au même endroit que de « faire le pays » (oh, comme je hais cette expression !) en 2 semaines ?

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