Après Roubaix, pour cette nouvelle chasse à l’art urbain, je joue à domicile. Prêt pour découvrir la « bible » 2026 du street art à Nice ? Enfile tes baskets, je t’emmène !

Ah Nice, sa mer turquoise, ses plages de galets, ses palmiers, son charme Belle Époque et sa Promenade des Anglais…
Sauf qu’aujourd’hui, on va sortir de la carte postale et tourner le dos à la Grande Bleue pour aller là où l’art urbain raconte une autre histoire.

Même si elle ne boxe pas dans la même catégorie que Grenoble ou Cergy, Nice est un terrain de jeu encore sous-estimé par les street art lovers. Peut-être parce que le street-art à Nice ne se livre pas au premier regard, sûrement aussi parce qu’il se niche hors des sentiers battus, là où le tourisme ne s’aventure pas…

Street art textuel "Coquillages et culs tassés" de La Dactylo à Nice

Où débusquer du street-art à Nice : 8 spots qui font oublier la Prom’

À Nice, ne cherche pas à établir un parcours de street art logique et balisé. Les fresques sont éparpillées, jouent à cache-cache… Il faut parfois traverser la ville pour une fresque isolée, ou au contraire, se perdre dans des quartiers populaires pour admirer des œuvres qui méritent le détour.

C’est ce côté fragmenté qui fait tout le sel de cette chasse aux trésors. La bonne nouvelle, c’est qu’on a maintenant des supers spots de street art à Nice. Il y a encore pas si longtemps que ça, ce n’était pas le cas. Mais c’est en train de changer grâce à la Whole Street Asso et à son équipage d’artistes emmené par Otom. Mais j’aurai l’occasion de t’en reparler un peu plus loin.

Allez c’est parti pour la tournée des spots et projets d’art urbain !

1- Le 109, le centre névralgique du street art à Nice

On commence fort avec le lieu qui a tout changé pour la scène locale : Le 109.

Et là, comme pour mon article sur le street art à Roubaix, c’est le moment de la…

Minute culturelle en aparté
Avant d’être un pôle dédié à la création artistique, le 109 a connu un passé disons plus carnivore… Car ce n’était rien d’autre que les abattoirs frigorifiques de Nice. D’ailleurs as-tu perçu le jeu de mots : 109 pour sang neuf ?
Fermé en 2001, ce lieu massif et un peu froid aurait sûrement disparu sans l’initiative de la ville qui a décidé de le transformer en tiers-lieu culturel. Depuis 2015, associations, artistes et événements font vibrer d’une belle énergie ce pôle de cultures contemporaines ouvert aux habitants.

Le 109 c’est où ? 89 Route de Turin. Comment on y va ? Plusieurs solutions :

  • bus 12 depuis le Vieux-Nice (descends à l’arrêt Tordo)
  • bus 7 depuis le port Lympia (descends à l’arrêt Pont des Abattoirs)
  • ligne 1 du tramway depuis la place Garibaldi (descends à la station Pont Michel)

Ce que j’aime ici, c’est que le lieu vit et transpire la créativité. Autant sur les murs de l’enceinte extérieure que dans la cour intérieure, les fresques de street art tournent et se renouvellent. Des jam y sont régulièrement organisées, générant des nouveautés dont nous sommes toujours friands en tant qu’amateurs de street art. Bref, ça bouge et c’est grâce à la Whole Street asso et à celui qui la « mène à coups de spray » : le street artiste Otom.

Dernier exemple en date : le Numa Festival, le premier festival de culture urbaine qui a eu lieu au 109 durant tout un week-end d’octobre 2025. Pour y avoir assisté : super ambiance, belle émulation artistique puisqu’il n’y avait pas que du live painting mais aussi de la zik, du skate et du BMX. Sportifs de renommée mondiale, street-artistes locaux comme internationaux ont assuré le show !

Ci-dessous un petit échantillon des pièces et œuvres monumentales réalisées durant le festival

2- L’avenue du XVème Corps : l’expression librement contenue

Si 2 km de marche ne t’effraie pas, après avoir exploré le 109, rends-toi avenue du XVe Corps, plus exactement sous le pont de la voie Mathis.

Tu y trouveras 2 des rares murs d’expression libre de la ville : une manière pour la ville de développer l’art urbain tout en contraignant les street-artistes à s’exprimer « dans les clous ».

Mur d'expression libre avenue du XVème Corps à Nice

Accessible à tous, ces murs se renouvellent régulièrement, portés eux aussi par l’élan du collectif Whole Street.

N’hésite pas également à jeter un œil au mur le long du club de pétanque, tu as de fortes chances d’y découvrir des portraits signés HKA, qui excelle dans cet art.

Également au centre d’accueil du CCAS 14 avenue du XVème Corps, tu peux dénicher une fresque de l’artiste niçois César Malfi : La Jeune Fille à la Perle, le tableau le plus célèbre de Johannes Vermeer.

La Jeune Fille à la Perle par César Malfi, street art nice

3- Le tunnel de Magnan : l’immersion underground

Si tu voulais une autre preuve que le street art à Nice gagne du terrain, là voilà !
Cap cette fois sur le tunnel piéton de Magnan. Il s’agit un passage souterrain passant sous la voie Mathis et emprunté tous les jours par les enfants de l’école et du collège Sainte-Thérèse, ainsi que par les habitants du quartier. Sauf que ce passage était carrément glauque, pas le genre d’endroit où t’as envie de t’attarder…

Mais ça, c’était avant.

Sous l’impulsion (encore !) de l’association Whole Street et d’Otom, en partenariat avec la ville de Nice, ce tunnel de 130 mètres de long a été métamorphosé en une véritable galerie d’art immersive lors d’une graffiti jam en novembre 2025.

J’y étais et je peux te dire qu’il y avait une super ambiance. Il y avait une vingtaine d’artistes prêts à en découdre avec le gris béton et à respecter l’unique mot d’ordre : COLOURFUL !

Si tu es dans les parages, emprunte ce passage, tu vas voir, le relooking est top ! 🔥🔥🔥

Pause café après cette exploration souterraine ?
À moins de 20 min à pied, il y a La Hacienda Coffee Shop (2 boulevard Gambetta). C’est l’un des meilleurs cafés de spécialité à Nice et une super adresse pour une pause cosy autour d’un excellent café colombien et de douceurs colombiennes. En plus les propriétaires sont adorables.

4- Les 6 Nouvelles Mariannes dans les quartiers populaires de Nice : le street art engagé

S’il y a bien un projet qui prouve que Nice a passé la seconde en matière d’art urbain, c’est celui-ci.

Pour célébrer le 100ème anniversaire de « Côte d’Azur Habitat » (le premier bailleur social du département), l’association Whole Street (toujours elle ! 🙂 a remporté l’appel à manifestation d’intérêt. Et le « droit » de pimper les quartiers populaires avec 6 fresques monumentales sur le thème de Marianne.

En maîtres d’œuvres, 5 artistes :

  • Artmor1
  • Faben
  • Brian Caddy
  • Otom
  • Jennifer Miller

Chacun d’entre eux a proposé sa vision de la Marianne dans des cités où l’on ne vient pas d’habitude pour faire du tourisme.

Où les débusquer ?

  • Quartier Las Planas : la diversité culturelle dans la France d’aujourd’hui par Artmor1
  • Quartier Les Moulins, boulevard Paul Montel : la « Love Marianne » de Faben
  • Quartier Saint-Roch, résidence Les Chênes au 34 boulevard Louis Braille : la composition lifestyle de Brian Caddy
  • Quartier Bon Voyage au 204 Route de Turin : un père et sa fille par Otom
  • Quartier Bon Voyage au 153 Route de Turin (Bâtiment 14) : la Marianne pixellisée de Jennifer Miller
  • Quartier de L’Ariane au 116 boulevard de l’Ariane : Noella par Otom

J’adore ce type de projet parce qu’il redonne de la fierté aux habitants. D’ailleurs, lors des réalisations, les artistes ont été accueillis comme des rois par les riverains (café, tartines, discussions…). Pour moi, c’est ça, la vraie magie du street art : créer du lien là où on ne l’attend pas.

5- Les puces de Nice : pièces rares à chiner

Si tu aimes les ambiances de bric et de broc, direction le quartier du Port, et plus précisément les Puces de Nice rue Robinant. Ici, entre 2 objets vintage et une vieille lampe Art Déco, l’art urbain a trouvé un refuge de choix, comme s’il faisait partie du décor depuis… toujours !

Les fresques sont peu nombreuses mais elles valent le coup d’œil. Elles sont signées Patrick Moya, Nasica, Etnik, Mr OneTeas, Otom, C215, Stew et pour finir encore C215 avec un portrait d’Ernest Pignon-Ernest (le pionnier de l’art urbain en France).

Pause café après cette découverte ?
À 5 min à pied, tu as Alvin’s Café (25 rue François Guisol) où tu seras accueilli(e) par Jackson qui maîtrise les extractions comme personne !
Et sinon, file dans le Vieux-Nice à La Claque Café (8 rue du Pont Vieux) : ici, quelle que soit la boisson choisie (expresso, V60, ube latte, matcha latte…), on frôle l’excellence gustative. (Oui, ils ont des cookies terribles 🍪😋)

6- Le trompe-l’œil architectural du quartier Raimbaldi

Bon on n’est peut-être pas sur du street art comme tu en as l’habitude, mais vraiment je ne peux que te recommander d’aller voir cette fresque monumentale en trompe-l’œil.

Elle est située à l’angle du boulevard Raimbaldi et de la rue Lépante. Elle est signée Patrick Commecy accompagné de son équipe de l’Atelier A Fresco.

Je ne pensais pas avoir déjà vu des œuvres de cet artiste diplômé des Beaux-Arts et spécialiste du trompe-l’œil architectural. Pourtant, en allant sur son site internet, je me suis rendu compte que je me trompais…
Le circuit street art à travers le 7ème art à Cannes que j’avais fait il y a quelques années, c’était lui !

Chacune de ses fresques urbaines est unique, on est dans le sur-mesure XXL. Et pour conquérir le cœur des habitants et des équipes municipales commanditaires des œuvres, l’artiste valorise ce qui fait l’identité de la ville : son histoire, ses spécificités, ainsi que les personnes ou personnages dont le nom est intimement lié à la ville.

La fresque « Fiers d’estre Nissart » met en scène 8 personnes ou personnages qui ont marqué l’histoire de Nice à leur fenêtre ou à leur balcon. Le travail sur les ombres et les perspectives est si dingue qu’on finirait presque par attendre que l’un d’eux nous salue depuis son balcon ! Sauras-tu les reconnaître ? N’hésite pas à me dire en commentaire combien tu en as trouvé (sans tricher ;-))

Trompe-l'oeil architectural quartier raimbaldi à Nice

Ce que j’ignorais lorsque je suis allée voir cette fresque en octobre 2025, c’est que quelques semaines plus tard, il y aurait un Acte II ! Une seconde fresque dans le même style, toujours signée Patrick Commecy, fait désormais face à la première sur 240 m2.
Et on retrouve à nouveau 8 personnages illustres dont le nom est intimement lié à la ville.
Dès que je peux, j’irai la voir en vrai car le réalisme de ces trompe-l’œil est bluffant.

7- Le tunnel Durante sous la gare SNCF Nice Centre

Et encore un tunnel ! 😉 Celui-ci passe sous les voies de la gare SNCF Nice Ville et il est accessible aux véhicules, aux cyclistes et aux piétons.

Grâce au projet « Regards », cet ouvrage souterrain s’est transformé en une fresque monumentale de 440 m² : 220 mètres de long sur 2 m de haut. Le concept ? Douze regards géants de Niçois et Niçoises.

Ce que je trouve fort dans cette œuvre, c’est son humanité brute. Comme le précise Otom, qui a mené le projet :

« Il y a un banquier, un artiste, un SDF et des inconnus… Le message est très simple : on est tous différents, et pourtant, on vit ensemble. »

Bon après, faut quand même que je t’avoue ma petite frustration sur ce spot de street art. Rendre hommage en photos à cette immense œuvre dans un endroit sombre, baigné d’une lumière jaune électrique peu glamour faut bien le dire et avec peu de recul possible… C’est compliqué !

L'un des regards de la fresque de street à Nice dans le tunnel Durante, par le street-artiste Otom

8- Le spot dont on taira le nom : là où le street art retrouve sa totale liberté…

Après t’avoir montré les projets officiels et/ou financés, j’avais envie de terminer le tour des spots du street art niçois par ce qui est l’essence même du mouvement : l’art sans permission, sans contrainte, sans étiquette. Surtout quand il y a « du grand art » !

Je ne donnerai donc volontairement pas l’adresse. Ce dernier morceau du puzzle, c’est à toi de le débusquer. Car le street art, c’est aussi cela : le plaisir de chercher… Ici, on croise des signatures connues et surtout des talents de l’art urbain ! Je te laisse juger par toi-même à travers ces œuvres signées HKA et ArtMakeOneRight.

Nice : pourquoi la ville est devenue une escale street art incontournable

Au regard de ces 8 spots et de ce parcours « éclaté », tu l’as compris, le street art à Nice, c’est un puzzle urbain en pleine mutation. 🚀🚀🚀

Si la scène locale a longtemps été discrète, elle connaît aujourd’hui un beau développement.
Que ce soit via des projets monumentaux commandés par la ville, des festivals comme le Numa ou des spots plus confidentiels, Nice commence enfin à s’affirmer comme une véritable escale pour les street art lovers en voyage sur le French Riviera.

Le puzzle est riche, complexe, et surtout, il continue de s’agrandir chaque jour :

  • sous les coups des sprays d’artistes passionnés,
  • grâce aux découpes ultra-précises des pochoiristes tout aussi passionnés
  • et grâce à la valse des pinceaux de peintres qui ont de l’or dans les mains.

Le street art niçois est stimulé par de belles énergies créatives. Et d’ailleurs en parlant d’énergie…

Les artistes qui font vibrer les murs niçois

Nice est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qui signifie qu’une large partie de la ville est… protégée. Tu vois où je veux en venir ? 😉

Oui, faire une place au street art dans une ville où l’on ne peut toucher à la moindre corniche sans autorisation relève du défi.
Forcément, pour les street artistes locaux, laisser parler leur talent sur les murs d’une « ville-musée » demande soit du courage (et un caractère rebelle !), soit une capacité folle à convaincre les institutions, soit… Les 2 !
En tout cas, pari réussi ! La scène du street art niçois a désormais le droit d’exister (pas partout, hein !) et mieux encore, elle gagne du terrain. La preuve ? La ville fait désormais des commandes aux artistes.

Pour faire bouger les lignes, il a fallu de l’énergie, beaucoup d’énergie ! Parce qu’on ne se leurre pas, le street art à Nice n’a pas toujours été bien vu. Et aussi parce que pour mettre en place des événements ou réaliser des projets de street art d’envergure, il faut obtenir des accords, mais aussi des financements ! On n’y pense pas toujours mais le street art a un coût. Pour ne citer que quelques éléments :

  • les pots et bombes de peinture (et il en faut !)
  • le matériel
  • les nacelles et chariots élévateurs pour les fresques monumentales
  • la communication autour des événements
  • la rémunération des artistes ou au moins le défraiement (oui, il arrive que les artistes jouent le jeu par passion, mais leur offrir de la « visibilité » n’équivaut pas à rémunérer le talent… je referme la parenthèse, c’est un autre débat)
  • l’accueil des artistes invités (déplacement, hébergement, repas)

Bref, t’as compris. Sans financements et/ou partenariats noués et sans une détermination en béton armé, pas de street art.

chariot élévateur street art

Et si on doit parler de détermination à Nice, tu t’es rendu compte à travers la découverte des différents spots de street art, qu’un nom et un collectif revenaient (très) souvent : Otom et la Whole Street Asso (collectif d’artistes).
Mais il est loin d’être seul à colorer les murs de Nice !

Otom : le chef d’orchestre du street art niçois

S’il y a bien un moteur qui alimente la scène locale, c’est lui. Graffeur niçois maître du portrait tout en étant ultra-polyvalent, Otom est sur tous les fronts, y compris… en coulisses !

Avec Faben (je t’en reparle juste après), il a fondé la Whole Street, association ayant pour but de développer l’art urbain, et plus largement la culture urbaine. Otom ne se contente pas de peindre, il fédère. C’est lui (et son équipe) qui « charbonne » pour mettre en place des événements, organiser, muscler la logistique. C’est lui qui aime quand un plan se déroule sans accro (si t’as la réf 😉

📅 D’ailleurs, si t’apprécies le travail de l’artiste, rendez-vous à la galerie NEO Vogel Art Lab au 6 rue Lascaris (à Nice bien sûr) entre le 20 mars au 2 avril 2026 pour découvrir une autre facette du talent d’Otom en solo show.

fresque d'Otom à Nice

Faben : le militant de l’amour universel

Co-fondateur de la Whole Street avec Otom, Faben est indissociable de son personnage fétiche, Mr Lover. Un petit bonhomme, tout en rondeurs et en bienveillance, qui sème des messages d’amour sur les murs.

Son art est une bouffée d’optimisme dans le paysage urbain : il nous rappelle que la rue peut aussi être un espace de tendresse et de reconnexion.

Mr. Lover par Faben

Jen Miller : la dompteuse de pixels

Avec Jen Miller, le street art prend une dimension futuriste. Sa signature ? Le travail sur le pixel. Elle ne se contente pas de peindre un sujet, elle le déconstruit en une multitude de carrés de couleurs, les fameux pixels qui, une fois assemblés par l’œil du spectateur, recréent une image d’une précision incroyable.

D’ailleurs, ce qui est bluffant avec ses œuvres, c’est le jeu de distance. De près, on voit une mosaïque abstraite et géométrique ; de loin, le portrait ou la scène prend vie.

portrait de pixels réalisé par Jen Miller

Aroke, celui qui sait tout faire

Il est l’un de ceux qui rappellent que le street art est né du lettrage. Mais ne t’y trompe pas : s’il maîtrise les lettres, il est tout aussi redoutable lorsqu’il s’attaque à des portraits, personnages, animaux… hyperréalistes !

Son travail est un mélange de force brute et de finesse technique au spray. Voir une pièce d’Aroke, c’est prendre une leçon de maîtrise. Relief, transparence, regard… derrière chaque trait, on sent une exigence rare. Graffs, tags, habillage de food trucks, portraits hommages, habillage de commerces, fresques petites ou géantes, en solo ou en duo, cartoons à l’arrach’… Rien ne lui fait peur, c’est le couteau suisse de la bande de street artistes niçois.

Artmor1 : l’orfèvre du pochoir

Lui, c’est le pochoiriste de la bande ou… celui qui est passé maître dans l’art de la découpe à la précision millimétrée. Car on ne parle pas d’un simple petit motif : Artmor crée des compositions complexes où chaque « strate » est pensée avec une rigueur absolue.

La force de son travail, c’est le contraste entre la préparation chirurgicale qu’exige le découpage de ses pochoirs et la poésie onirique doublée d’une charge émotionnelle qui se dégage de ses fresques. Ses portraits notamment, souvent inspirés de ses voyages, sont d’une finesse incroyable.

Si tu es du genre chasseur au street-art à Nice, alors t’es forcément tombé sur l’une des ses œuvres.
Il a par exemple œuvré du côté du quartier de Las planas, mais aussi en plein centre-ville (comme quoi tout arrive !) avenue Médecin et avenue Malausséna. Sur commande de la ville dans le cadre de l’année de la mer en France et à l’occasion de la 3ème conférence des Nations Unies pour les océans à Nice, il a customisé 10 boîtiers électriques : ambiance Grande Bleue garantie !

Brian Caddy : le compositeur de mosaïques modernes

Avec l’artiste peintre Brian Caddy, le regard se pose sur une autre forme de « construction ». S’il est profondément imprégné par la culture hip-hop « old school », son travail évoque une sorte de mosaïque contemporaine où les larges aplats de couleurs remplacent les classiques tesselles (émaux, verre, céramique).

Il ne cherche pas le détail superflu, mais l’essentiel. À travers des formes simples, presque naïves, il recompose le monde qui l’entoure.

Sa spécialité ? Les natures mortes au format XXL, du lifestyle urbain en somme. Brian est celui qui ose peindre un vase ou un fruit monumental au milieu du tumulte urbain, transformant des objets ordinaires en icônes graphiques. Comme s’il avait le pouvoir de donner une âme à la géométrie

Fresque de street art dans le tunnel de Magnan à Nice, Brian Caddy

César Malfi : l’artiste qui réconcilie l’Histoire et le béton

On peut dire de César Malfi qu’il est l’artiste qui prouve que l’on peut peindre sur des murs et avoir sa place dans les plus beaux palais niçois, comme le palais Lascaris, et dans des galeries prestigieuses.

Ce qui me fascine dans son travail, c’est sa capacité à briser les codes pour créer un pont entre l’esthétique académique et l’art urbain. Il fragmente bustes classiques et divinités antiques avec des touches de bleu azuréen et des formes géométriques modernes. Pour une « Nouvelle Renaissance » !

Le Beau est dans la rue : tu peux admirer certaines de ses œuvres monumentales au centre Antoine Lacassagne ou au château de Crémat par exemple.

Fresque de César Malfi à Nice

HKA : le portraitiste de génie

Quand le seul mot qui te vient à l’esprit c’est « waouh », c’est pas compliqué, tu viens de tomber sur un portrait signé HKA.

Que le portrait réalisé soit une célébrité dans son domaine ou un monsieur/madame-tout-le-monde, un personnage tout droit sorti d’un film ou de son imagination, HKA a ce pouvoir de capturer l’étincelle de vie et de retranscrire les émotions d’un visage avec une justesse désarmante.

Ses œuvres sont d’une finesse quasi photographique au point d’avoir l’impression que le personnage représenté prend vie sous nos yeux.

Tu peux notamment admirer sa fresque monumentale en hommage à Amy Winehouse sur la façade du théâtre Lino Ventura ou aller traîner tes guêtres sur un spot proche de Nice (là encore je te laisse le dénicher 😉 où il a réalisé une Catwoman tout simplement canon !

Cat Woman par HKA

Le mot de la fin

Je ne t’ai cité « que » quelques talents issus du cru mais il y en a d’autres que je retrouve avec plaisir lors des événements de street art niçois : Barnabé, Nekoff, Tsé, Kyra Wu, ainsi que des artistes des communes alentour…
Parce que ça, c’est vraiment chouette à Nice : les artistes ne se contentent pas de peindre dans leur coin. Ils se retrouvent lors de jams, partagent et font vivre cette « belle énergie » dont je parlais plus haut.

Une chose est sûr le street art niçois est entre de bonnes mains et n’a pas fini de faire parler de lui ! Et le talent nos artistes s’exportent bien au-delà des frontières niçoises.

Et toi, quel est ton spot ou ton artiste préféré dans cette liste ? N’hésite pas à le dire dans les commentaires. Il ne me reste plus qu’à te souhaiter une bonne « chasse aux murs » à Nice ou ailleurs !

A propos de l'auteur

Salut, moi c’est Nath’, je suis une intermittente du voyage, addict aux grands espaces et à la faune sauvage. Sur mon blog voyage multidestination, j’aide les voyageurs à imaginer leurs prochaines aventures et à construire leur itinéraire. Des guides et des conseils précis pour éviter les stress inutiles… Des avis pour louer une voiture, prendre un billet d’avion pas cher, choisir un hébergement bien situé… La terre sur son 31 t’accompagne dans toutes tes envies de voyages.

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