El Chalten, c’est un petit village situé en Patagonie Argentine réputé être « la Mecque des randonnées ».

Mais je dois bien reconnaître après coup que c’était complètement illogique d’y aller lors de mon voyage au Chili ! Et je vais t’expliquer comment j’ai fait pour y aller et surtout, pourquoi j’y suis allée. Histoire que tu ne me prennes pas pour une dingue ! Quoique…

El Chalten au prix de 2h de vol + 44h de bus !

Pour rappel, mon voyage a commencé mi-mars (c’est important pour les saisons) dans le désert d’Atacama autour de San Pedro de Atacama. Et, après 10 jours passés à San Pedro de Atacama, au nord du Chili, la suite, c’était El Chalten, au sud de l’Argentine !…

Pourquoi je n’ai rien prévu entre ces 2 points ? Tout simplement parce que question saison j’étais déjà limite pour aller à El Chalten. Après c’est vite l’automne et la neige peut tomber, ce qui peut compliquer les randos…

Du coup, tu t’en doutes, rejoindre El Chalten depuis San Pedro de Atacama ne s’est pas fait en un claquement de doigt !

San Pedro de Atacama
Rue de San Pedro de Atacama

Etape 1 : Rejoindre Santiago depuis San Pedro de Atacama

Après avoir réalisé l’ascension du volcan Lascar, j’ai filé à Calama pour rendre la voiture de location.

De Calama, la solution la plus pratique et la plus rapide pour rejoindre Santiago est l’avion.
J’ai pris un vol Calama-Santiago réservé avec SKY Airline que j’ai payé 42€. En 2h, je suis à Santiago.

Conseil : si tu as besoin d’un vol intérieur au Chili, la compagnie SKY Airline est vraiment bien et souvent beaucoup moins chère que la LATAM.

vol calama santiago
Survol désert d’Atacama

Etape 2 : 19h30 de bus de Santiago à Bariloche

Malheureusement, il n’existe pas de direct pour faire Santiago – El Chalten en 1 fois.

Rejoindre le terminal de bus

Depuis l’aéroport de Santiago, il me faut rejoindre le terminal Sur. Le bus pour Bariloche part à 20h45.

Mon conseil : Il est impératif d’avoir ton ticket de bus en version papier. Donc si comme moi tu pars en voyage sans te balader avec ton imprimante dans le sac à dos, je te conseille d’imprimer ton ticket à l’aéroport.
Il y a une petite boutique qui propose toutes sortes de produits et services pour les voyageurs « en perdition » ! Dont la possibilité d’imprimer des documents !

Une fois au terminal Sur, vu la fréquentation, je reste très vigilante et je surveille bien mes affaires. Je suis un peu stressée, je ne sais pas à quel type de bus m’attendre niveau confort, niveau sécurité…

Le bus de la compagnie Andersmar Chile est à l’heure. Je donne mon ticket pour que le personnel place ma valise dans la soute. Je monte à bord ! C’est parti pour 19H30 de trajet ! Je sens que ça va être long !

Mon conseil : Pour un si long trajet, je te recommande de prendre comme moi un billet cama, cad que ton siège s’incline à 145°. Ce type de siège est vraiment plus confortable pour dormir une paire d’heures et se situe en bas du bus, la partie haute étant réservée au siège semi-cama. Le coût est de 55 000$. Attention dans un bus il y a peu de sièges cama (12 en tout).

Pour réserver, ton billet Santiago-Bariloche :
● directement sur le site d’Andesmar-Chile
● sur le site Busbud

gare routière santiago
Terminal Sur Santiago

Le trajet en bus

Franchement le bus est suffisamment confortable (au moins niveau fauteuils cama) pour que je dorme une partie de la route. Même dans la journée, je passe mon temps à somnoler, pioncer, faire dodo.

Ce que je ne savais pas avant de prendre ce bus – et que j’aurais bien aimé qu’on me dise ! -, c’est que :
● Sur 19h30 de trajet, à part les micro-pauses pour faire monter et descendre des voyageurs, aucune vraie pause n’est prévue…
● à part 2 snacks avec café, aucun ravitaillement, aucune collation, aucune bouteille d’eau ne sont prévus… Mieux vaut avoir pris ses précautions !
● les WC, assez rapidement crades, ne sont pas nettoyés et… il n’y a pas de PQ !!!
● Il n’y a pas de compartiment pour le bagage à main / sac à dos donc faut arriver à le glisser sous le repose-pieds rabattu.
● Dans les points positifs, la prise USB et le rideau de séparation entre les fauteuils pour s’isoler un peu.
● Un petit oreiller et une couverture bien chaude sont distribués.

Le bus arrive à 16h15, l’horaire prévu à Bariloche.

Là, je n’ai d’autres choix que de passer au moins une nuit sur Bariloche avant de repartir. (Au final, je resterai 3 nuits histoire de ne pas enchaîner 2 gros trajets en bus.)

bus bariloche
Passage de la frontière Chili-Argentine

Etape 3 : 24h de bus de Bariloche à El Chalten

Cette fois, je voyage avec la compagnie de bus MARGA-TAQSA, la seule qui propose le trajet Bariloche – El Chalten.

Mon conseil : Comme pour le précédent trajet je recommande de prendre un fauteuil cama : sur 24h de trajet, ce n’est pas un luxe superflu ! Le prix du fauteuil cama est de 4590 ARS soit environ 68€.

6h30. C’est parti pour 24h de trajet. Les fauteuils sont un peu moins confortables que dans le précédent bus… Et cette fois, pas de prise USB, pas de couverture ni d’oreiller, pas de rideau de séparation et toujours pas de compartiment pour le bagage à main. En revanche il y a seulement 9 fauteuils cama.

bus bariloche el chalten

La journée s’étire au rythme des montées et descentes de passagers sur le trajet. Le seul point carrément mieux avec cette compagnie de bus, c’est qu’on fait de vrais arrêts, certes au beau milieu de nulle part. Et dans des gares routières qui n’ont rien à offrir aux voyageurs, pas même des WC dignes de ce nom avec porte fermant à clé et PQ. Mais au moins, on a le temps de se dégourdir les jambes et franchement j’apprécie. Donc arrêt à 11h30, 14h, 18h et 20h.

bus el chalten arrêt
L’un des arrêts au milieu de nulle part

Concernant le « dîner » du soir, heu, comment dire, on se voit distribuer un truc improbable. 3 ‘carrés’ quasi identiques dans une boîte : un carré apparence pizza, un carré sandwich et un carré gâteau… On se regarde entre voyageurs et on rit, sans avoir à se parler…. On s’en souviendra comme le pire repas de notre voyage. Heureusement que j’avais prévu le coup dans mon sac ! Là encore pas d’eau distribuée…

Je m’endors, bercée par le doux ronron de la soufflerie… Après une nuit dans le bus, à 6h30, le bus nous largue à la gare routière à l’entrée du village d’El Chalten. Il fait encore nuit. Je suis fatiguée et rien n’est encore ouvert. Heureusement à 7h, la gare routière et le café attenant ouvrent ! Le café bien chaud n’est pas de refus !

Mon conseil : Prévoir à manger et à boire car sinon c’est 24h de voyage horrible !

Pour réserver, ton billet Santiago-Bariloche :
● directement sur le site de Marga-Taqsa
● sur le site Busbud

bus el chalten

El Chalten : pourquoi je voulais absolument y aller

1/ Parce que j’avais déjà raté El Chalten une 1ère fois

En 2017, lors de mon road trip en van en Argentine, j’avais été un peu trop ambitieuse côté programme et j’avais dû renoncer à aller à El Chalten faute de temps.

Là, ayant la chance d’être à nouveau en Amérique du Sud, je ne pouvais pas manquer l’occasion encore une fois de découvrir El Chalten !

road trip van patagonie argentine

2/ Parce que je rêvais de voir le Fitz Roy

Le Fitz Roy ? C’est un mythe. Un fantasme. Une légende. C’est LA rando dont chacun parle avec des étoiles dans les yeux. C’est ce genre d’endroit capable d’incarner la Nature dans ce qu’elle a de plus grandiose. Je le sens… C’est ce genre d’endroit que l’Homme n’a pas pu encore transformé, domestiqué. C’est ce genre d’endroit qui va me chambouler. Je le sais d’avance…

Et le départ de la rando pour aller au pied du Fitz Roy prend tout au bout… du village d’El Chalten !

el chalten fit roy
Fitz Roy

3/ Parce que c’était un excellent prétexte pour retourner à El Calafate

El Chalten est situé à seulement 220 km d’El Calafate. Donc tant qu’à être là, je vais pouvoir retourner à El Calafate. Oh, pas pour El Calafate en tant que telle, la petite ville n’ayant que peu d’intérêt, mais pour approcher de nouveaux les colosses de glace : le fameux Perito Moreno qui m’avait marquée en 2017, mais aussi le Spegazzini et l’Upsala.

glacier perito moreno
glacier spegazzini
el calafate glacier upsala

Oui, je sais c’était pure folie douce de vouloir aller à El Chalten ! Mais j’en avais trop envie… En plus, crois-moi ça valait le coup, vraiment !

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